Selon l’AMF, une nouvelle série de sites proposant des crypto-actifs ou des services associés exerce sans y être autorisée en France. Cette alerte concerne d’abord les investisseurs particuliers, qu’ils débutent sur les plateformes de trading ou détiennent déjà des jetons numériques et reçoivent des sollicitations en ligne.
Le régulateur a mis à jour sa liste noire des acteurs non autorisés. Depuis le début de l’année 2026, 23 noms y ont été ajoutés. L’institution rappelle que cette liste évolue en permanence et ne prétend pas recenser tous les sites problématiques, car de nouveaux intervenants apparaissent régulièrement. Dans un univers où une page web se crée en quelques heures, la vérification préalable devient un réflexe aussi utile que le verrou d’une porte.
L’exercice illégal de services sur crypto-actifs relève de la réglementation financière : proposer ces prestations en France suppose une autorisation, et l’AMF tient une liste blanche des prestataires habilités. Les lignes qui suivent détaillent ce que le régulateur signale, comment repérer les signaux d’une possible fraude, comment contrôler un intermédiaire et quels réflexes adopter si de l’argent a déjà été versé. La publication d’origine est consultable sur le communiqué officiel de l’AMF.
En bref
- Source : alerte de l’AMF sur des sites proposant des crypto-actifs ou des services sur crypto-actifs sans autorisation en France.
- Chiffre clé : 23 noms ajoutés à la liste noire depuis le début de l’année 2026.
- Retrait : Neverless.com a été retiré de la liste noire crypto-actifs le 2 juin 2026.
- Limite de la liste : mise à jour fréquente, mais non exhaustive.
- Vérification : liste blanche des PSAN et des PSCA sur le site de l’AMF, registre ORIAS pour les intermédiaires.
- Si vous avez payé : porter plainte, appeler AMF Épargne Info Service au 01 53 45 62 00, ne régler aucun « frais de récupération ».
Alerte de l’AMF sur les crypto-actifs : quels sites sont cités comme acteurs non autorisés
Ce que l’AMF a publié et pourquoi cela concerne les épargnants
L’Autorité des marchés financiers a publié la liste des nouveaux sites internet qui proposent, illégalement en France, des crypto-actifs ou des services sur crypto-actifs. Il s’agit d’une mise en garde destinée au public, et non d’un jugement sur des personnes : le régulateur constate l’absence d’autorisation pour exercer sur le territoire. Cette démarche s’inscrit dans la mission de protection des épargnants confiée à l’institution.
Prenons un exemple fictif. Marc, épargnant imaginaire, découvre sur un réseau social une page vantant une plateforme de trading inconnue. L’interface paraît soignée, le service client répond vite, la inscription prend deux minutes. Rien, dans ce décor, ne lui indique si l’entité a le droit d’opérer en France. C’est précisément cette zone grise que les listes de l’AMF cherchent à éclairer.
Les noms de sites tels que l’AMF les cite
Voici les sites récemment identifiés, reproduits comme dans la publication du régulateur :
- agra-investissement.com
- algosone.ai
- bitcoin-xact.fr
- bomiafx.com
- coinentvklp.top
- coinstancy.com
- cryptoeasily.com
- eryxavin.com
- eternal-lunesta.org
- exakubusinessclub.com
- exxtone.com
- finarionaxi.fr
- margex.com
- minexc.com
- montelsyvra.com
- moonx.io
- senvix.fr
- spot6xnoris.net
- spot7xneraq.fr
- www.capitalinvest-profit.org
- www.summit.io
- zeylor-pacte.com
Cette énumération reprend uniquement ce que l’AMF a rendu public. Un site absent de cette liste n’est pas pour autant autorisé, et il ne doit pas non plus être présumé frauduleux : l’absence d’un nom ne dit rien de son statut, d’où l’intérêt de contrôler chaque acteur individuellement.
Un retrait de la liste noire et une liste qui reste incomplète
L’AMF indique par ailleurs que Neverless.com a été retiré de la liste noire crypto-actifs le 2 juin 2026. Cette précision montre que le document vit : des noms entrent, d’autres sortent. Consulter une version ancienne, une capture d’écran ou une page recopiée ailleurs expose donc à des informations périmées.
La liste complète est disponible sur le site de l’AMF (Espace Épargnants, puis Protéger son épargne, puis Listes noires et mises en garde) et sur le site Assurance Banque Épargne Infoservice, ABEIS (Prévention arnaques, puis Listes noires des autorités). Le régulateur précise qu’elle est actualisée fréquemment, sans prétendre à l’exhaustivité, puisque de nouveaux acteurs non autorisés surgissent régulièrement. Pour recouper l’information, la publication conjointe de l’ACPR et de l’AMF offre un éclairage complémentaire sur les mises en garde du même type.
Retenez ceci : une liste noire est un outil de recoupement, jamais un laissez-passer pour tout ce qui n’y figure pas.
Plateformes de trading et fraude : les signaux d’alerte à repérer avant de déposer des fonds
Une présentation séduisante ne prouve aucune autorisation
Un site peut afficher des graphiques animés, des témoignages enthousiastes et un logo soigné sans disposer d’aucun agrément. Le design coûte peu, l’autorisation réglementaire exige un dossier et des contrôles. Premier réflexe : dissocier ce que le site montre de ce que le régulateur confirme.
Reprenons Marc. La page qu’il consulte met en avant des « experts » dont aucun nom vérifiable n’est donné, et l’adresse de la société reste floue. Ces zones d’ombre ne prouvent pas à elles seules une fraude, mais elles justifient une pause avant tout versement. Une entité sérieuse n’a pas intérêt à masquer son identité juridique.
Les comportements qui doivent éveiller la méfiance
Certains schémas reviennent régulièrement dans les dossiers de fraude à l’investissement. Les repérer ne demande aucune expertise technique, seulement un peu de recul :
- Promesses de gains élevés présentées comme évidentes : tout investissement comporte un risque, et un discours qui l’occulte est suspect.
- Pression à agir vite : offre limitée dans le temps, relances téléphoniques insistantes, message d’un « conseiller » qui s’impatiente.
- Contact non sollicité sur une messagerie, un réseau social ou par téléphone, souvent après un premier échange amical.
- Informations légales introuvables : pas de raison sociale claire, pas de numéro d’immatriculation, pas d’adresse vérifiable.
- Paiements demandés en crypto-actifs vers des adresses personnelles, ou sur des comptes sans lien apparent avec la société.
- Obstacles au retrait : demandes de frais supplémentaires ou de taxes avant de libérer des fonds.
Pris isolément, un seul de ces éléments ne tranche rien. Leur accumulation, en revanche, appelle une vérification systématique avant toute décision.
Pourquoi la pression et l’urgence fonctionnent si bien
Ces techniques exploitent un ressort psychologique simple : quand le temps manque, on vérifie moins. Un interlocuteur qui évoque une fenêtre d’opportunité courte cherche à court-circuiter la réflexion. Se donner vingt-quatre heures, en parler à un proche ou consulter les listes de l’AMF casse cette dynamique.
Une vidéo pédagogique peut aider à visualiser ces mécanismes avant de passer aux vérifications concrètes.
Après avoir identifié les signaux, la question suivante s’impose : comment confirmer qu’un acteur a bien le droit d’opérer ? Une règle à garder en tête : plus une offre met la rapidité en avant, plus elle mérite d’être ralentie.
Vérifier un intermédiaire : liste blanche PSAN et PSCA, registre ORIAS et listes noires
Les trois sources à consulter dans l’ordre
La réglementation financière repose sur un principe simple : certaines activités ne peuvent être exercées que par des entités autorisées ou enregistrées. Pour les crypto-actifs, l’AMF tient une liste blanche des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) et des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA). Elle est accessible sur son site internet, et c’est le premier endroit où chercher le nom d’une plateforme.
Pour les intermédiaires en investissements ou en banque et assurance, le registre ORIAS recense les professionnels immatriculés. Enfin, les listes noires de l’AMF, consultables dans l’Espace Épargnants, permettent de vérifier si un site a déjà fait l’objet d’une mise en garde. Croiser ces trois sources donne une vision bien plus fiable qu’un avis isolé sur un forum.
Une méthode pas à pas
- Relevez le nom exact de la société et l’adresse précise du site, sans vous fier à un lien reçu par message : saisissez l’adresse vous-même.
- Recherchez ce nom dans la liste blanche des PSAN et PSCA publiée par l’AMF.
- Si l’acteur se présente comme conseiller ou intermédiaire, contrôlez son immatriculation au registre ORIAS.
- Consultez les listes noires et mises en garde de l’AMF, ainsi que celles relayées par ABEIS.
- Comparez les coordonnées affichées : une société autorisée communique une identité légale cohérente.
- En cas de doute, contactez AMF Épargne Info Service au 01 53 45 62 00 avant tout versement.
Pour fixer ces réflexes, l’exercice ci-dessous permet de tester sa démarche de vérification.
‘ + echapper(q.intitule) + ‘
‘ + ‘‘ + TEXTES.bonneReponse + ‘
‘ : ‘✘ ‘ + TEXTES.mauvaiseReponse + ‘
‘ + ‘‘ + TEXTES.laBonneReponse + ‘ ‘ + echapper(q.choix[q.bonne]) + ‘
‘; $(« quiz-feedback »).innerHTML = ‘‘ + echapper(q.explication) + ‘
‘ + echapper(q.explication) + ‘
‘ + TEXTES.resultatTitre + ‘
‘ + ‘‘ + etat.score + ‘ / ‘ + total + ‘
‘ + ‘‘ + msg + ‘
‘ + TEXTES.recapTitre + ‘
‘ + ‘- ‘ + recap + ‘
Ce que ces vérifications ne disent pas
Une inscription sur une liste blanche ou au registre atteste d’un statut, pas d’un résultat. Elle ne garantit ni la performance d’un produit ni l’absence de perte, et elle n’exonère pas de comprendre ce que l’on achète. À l’inverse, l’absence d’un acteur sur une liste noire ne vaut pas autorisation.
La synthèse consacrée aux alertes de l’AMF sur le Forex et les crypto-actifs aide à situer ces contrôles dans un panorama plus large. Retenez cette règle : ne jamais déposer de fonds avant d’avoir croisé au moins deux sources officielles.
Argent déjà versé à une plateforme non autorisée : plainte, AMF Épargne Info Service et frais de récupération
Les premiers gestes à adopter sans attendre
Découvrir qu’un site figure sur une liste noire alors que l’on y a déjà transféré de l’argent est une expérience éprouvante, et la honte freine souvent la réaction. Pourtant, cette situation est loin d’être rare, et la rapidité d’action compte. Le premier geste consiste à cesser tout nouveau versement, même si l’interlocuteur évoque un déblocage imminent.
Conservez ensuite toutes les preuves : captures d’écran du site, échanges de messages, numéros de téléphone, adresses de portefeuilles, relevés bancaires, justificatifs de virement ou de transactions en crypto-actifs. Reprenons Marc : en rassemblant ces éléments dans un dossier daté, il facilite le travail de toute autorité qui examinera sa situation.
Porter plainte et contacter AMF Épargne Info Service
La démarche principale consiste à porter plainte auprès des services compétents, par exemple en se rendant dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie avec le dossier constitué. Informez aussi votre établissement bancaire, qui pourra vous indiquer les options possibles selon le mode de paiement utilisé.
Pour être orienté, l’AMF Épargne Info Service répond au 01 53 45 62 00. Ce service permet de poser ses questions, de vérifier le statut d’un acteur et de signaler une situation. Il s’agit d’une information générale : aucune réponse ne remplace l’avis d’un professionnel du droit si vous envisagez une action en justice.
Au-delà des démarches officielles, un point mérite une vigilance particulière, car il touche les personnes déjà victimes.
Ne payez jamais de « frais de récupération »
Après une première perte, certaines victimes reçoivent un message d’un prétendu cabinet, d’un « recouvreur » ou d’un faux représentant d’autorité. Il leur propose de retrouver leurs fonds contre le paiement de frais, de taxes ou de commissions préalables. Cette demande doit alerter : elle prolonge souvent la fraude initiale en exploitant l’espoir de récupérer son capital.
Aucune démarche légitime ne suppose d’avancer de l’argent à un inconnu pour « débloquer » un solde. Si un tel contact survient, ne répondez pas, conservez le message et signalez-le lors de votre dépôt de plainte ou auprès d’AMF Épargne Info Service. L’alerte de l’AMF vise justement à couper ce cercle : refuser un second versement, c’est déjà limiter les dégâts.
Parler de la situation protège aussi
Beaucoup de victimes se taisent par gêne, alors que témoigner contribue à la protection des épargnants. En informant l’AMF, vous aidez à enrichir les signalements qui nourrissent les mises en garde. Dans cette épreuve, le meilleur réflexe reste de demander de l’aide plutôt que de rester seul face à un interlocuteur insistant.
Protection des épargnants : adopter de bons réflexes durables face aux acteurs non autorisés
Comprendre pourquoi les alertes se multiplient
L’AMF et l’ACPR publient régulièrement des mises en garde, dont certaines portent sur des acteurs du Forex et des produits dérivés sur crypto-actifs. Cette fréquence reflète un constat simple : l’exercice illégal se reconstitue vite sous de nouvelles adresses. Un site peut disparaître et réapparaître avec un autre nom, ce qui explique pourquoi les listes ne sont jamais complètes.
Pour les investisseurs, la conséquence est claire : la vigilance ne peut pas reposer uniquement sur une liste figée. Elle doit devenir une habitude, aussi naturelle que de vérifier l’identité d’un démarcheur à domicile. Les analyses de ce dossier sur les plateformes crypto non autorisées illustrent bien cette logique de renouvellement permanent.
Se former avant de se lancer
La meilleure protection reste la compréhension des produits. Avant de s’intéresser à une plateforme, il est utile de savoir ce qu’est un crypto-actif, comment fonctionne la conservation, quels frais s’appliquent et quelles pertes sont possibles. Notre guide pour commencer à investir propose, dans sa section « erreurs à éviter », un repérage des pièges les plus fréquents chez les débutants.
Un autre réflexe consiste à se fixer des règles avant d’être sollicité : ne jamais investir sur la base d’un message non demandé, ne jamais communiquer ses codes d’accès, ne jamais transférer de fonds à un tiers qui promet de « gérer » le placement. Ces principes, écrits à l’avance, résistent mieux à la pression qu’une décision prise dans l’instant.
Où suivre l’actualité des mises en garde
Plusieurs sources officielles permettent de rester informé : le site de l’AMF, celui de l’ACPR et la rubrique de prévention d’ABEIS. Certains médias spécialisés relaient également ces publications, comme cette présentation de la liste noire des crypto-actifs. Pensez néanmoins à recouper avec la source officielle, seule à faire foi sur le contenu des listes et leurs dates de mise à jour.
Les informations de cet article sont générales et ne constituent ni une recommandation d’achat ou de vente, ni un conseil personnalisé. Pour une situation individuelle, rapprochez-vous d’un professionnel dûment immatriculé, dont vous aurez vérifié le statut au registre ORIAS. Une alerte bien comprise vaut mieux qu’une perte constatée : se renseigner d’abord, décider ensuite.
Questions fréquentes sur l’alerte de l’AMF concernant les crypto-actifs
Un site absent de la liste noire est-il autorisé ?
Non, pas automatiquement. Selon l’AMF, la liste est mise à jour souvent mais n’est pas exhaustive. Vérifiez la liste blanche des PSAN et PSCA et, pour un intermédiaire, le registre ORIAS.
Où consulter la liste des sites non autorisés ?
Sur le site de l’AMF, dans l’Espace Épargnants, rubrique Protéger son épargne, puis Listes noires et mises en garde. Elle est aussi accessible sur le site d’ABEIS, rubrique Prévention arnaques.
Que faire si de l’argent a déjà été envoyé ?
Cessez tout versement, conservez les preuves, portez plainte et contactez AMF Épargne Info Service au 01 53 45 62 00. Ne payez aucun « frais de récupération ».
Investir comporte un risque de perte en capital.
