Selon l’AMF, associée à l’ACPR, 57 nouveaux sites non autorisés ont été ajoutés à la catégorie Forex et 36 à celle des dérivés crypto depuis le début de l’année 2026, dont 26 et 10 au troisième trimestre. Cette mise à jour concerne toute personne qui s’intéresse au trading en ligne, et en particulier les épargnants qui tombent sur des offres de plateformes dont ils ne connaissent ni l’origine ni le statut.
Les deux autorités actualisent régulièrement leurs listes noires pour signaler des sites qui proposent en France des investissements sur le marché des devises non régulé, le Forex, ou sur des produits dérivés dont le sous-jacent est un crypto-actif, sans disposer des autorisations nécessaires. L’enjeu est simple : une interface soignée, un vocabulaire rassurant et un service client réactif ne prouvent rien sur le plan juridique. Ce qui compte, c’est l’inscription de l’intermédiaire sur les registres officiels. Cette alerte aux investisseurs s’accompagne de rappels pratiques, que cet article reprend avec ses propres mots : où trouver les listes, comment vérifier un prestataire, quels réflexes adopter. Le communiqué d’origine publié par l’AMF reste la référence pour consulter le détail.
En bref
- 57 sites Forex et 36 sites de dérivés crypto non autorisés ont été ajoutés aux listes noires depuis le début de l’année 2026.
- Au troisième trimestre, 26 sites Forex et 10 sites de dérivés crypto ont été inscrits.
- Les listes sont consultables sur le site de l’AMF et sur celui d’ABE Infoservice, mais elles ne prétendent pas à l’exhaustivité.
- Avant toute démarche, il est possible de vérifier le statut d’un intermédiaire dans le Regafi, auprès de l’Orias ou dans la liste des PSFP.
- Un intermédiaire absent de ces registres peut enfreindre la réglementation financière et ne pas respecter les règles de protection des investisseurs.
- Des numéros d’assistance existent : AMF Epargne Info Service et ABE Infoservice.
Forex et dérivés crypto : ce que l’AMF et l’ACPR signalent aux épargnants
Le message des deux autorités tient en une idée : des acteurs non autorisés continuent d’apparaître et de solliciter des particuliers en France. Pour limiter les dégâts, l’AMF et l’ACPR publient des listes de sites identifiés et les mettent à jour à intervalles réguliers. Depuis le début de l’année 2026, le rythme d’inscription reste soutenu, comme le montre le tableau ci-dessous.
| Catégorie de la liste noire | Sites ajoutés depuis le début de l’année 2026 | Dont inscrits au troisième trimestre |
|---|---|---|
| Forex (marché des devises non régulé) | 57 | 26 |
| Produits dérivés sur crypto-actifs | 36 | 10 |
Additionnés, ces chiffres font 93 sites signalés en quelques trimestres. Cela ne veut pas dire que 93 personnes ont été piégées : cela indique que les autorités ont repéré, documenté puis publié ces adresses pour avertir le public. Une inscription sur une liste noire n’est donc pas un verdict sur les clients, mais un signal adressé à tous ceux qui pourraient être démarchés.
Une distinction à retenir : Forex d’un côté, dérivés sur crypto-actifs de l’autre
Le Forex désigne l’échange de devises, par exemple l’euro contre le dollar. Selon l’AMF, il s’agit d’un marché non régulé au sens où les offres proposées au public par certains sites échappent au cadre habituel de protection. Les dérivés crypto, eux, sont des contrats dont la valeur dépend de l’évolution d’un crypto-actif, sans que l’épargnant détienne forcément le crypto-actif lui-même.
Ces deux catégories ont un point commun : elles sont présentées comme accessibles en quelques clics, via une interface de trading en ligne. C’est précisément ce confort apparent qui rend la vigilance nécessaire, car la facilité d’usage ne renseigne pas sur la légitimité de celui qui propose le service.
Un exemple pour fixer les idées
Prenons Camille, épargnante imaginaire, qui cherche à comprendre comment fonctionne le trading de devises. Au fil de ses recherches, elle arrive sur une plateforme dont le nom évoque la finance suisse, avec un espace client élégant et un conseiller qui l’appelle rapidement. Rien, dans cette séquence, ne lui indique si l’entreprise est autorisée à proposer ce service en France.
C’est là que la publication de l’AMF et de l’ACPR change la donne : elle invite à déplacer la question. Avant de se demander si l’offre est séduisante, Camille peut se demander si l’acteur figure sur un registre officiel. Cette inversion de l’ordre des questions constitue le premier réflexe de protection.
Les noms de domaine inscrits sur les listes évoquent souvent le capital, la finance, le trading ou les plateformes web. Cette ressemblance avec des acteurs sérieux est précisément ce qui brouille les repères. Retenez donc qu’une apparence professionnelle ne remplace jamais une autorisation vérifiable.
Trading en ligne : pourquoi les risques financiers sont renforcés avec des acteurs non autorisés
Les risques financiers du Forex et des dérivés sur crypto-actifs existent déjà lorsque l’intermédiaire est autorisé : les cours bougent vite, les mécanismes sont techniques et les pertes sont possibles. Quand l’acteur n’est pas autorisé, un second niveau de danger s’ajoute, celui de l’absence de cadre. Selon l’AMF et l’ACPR, un tel intermédiaire peut manquer aux règles élémentaires de protection des investisseurs, de bonne information ou de traitement des réclamations.
Trois protections qui peuvent disparaître
La première concerne l’information. Un prestataire régulé doit présenter ses produits de manière compréhensible et équilibrée, sans masquer les inconvénients. Un acteur non autorisé n’est pas soumis aux mêmes contrôles, et rien ne l’empêche de ne montrer que les promesses.
La deuxième touche au traitement des réclamations. Si Camille constate une anomalie sur son compte, vers qui se tourner ? Avec un prestataire autorisé, il existe des procédures et des interlocuteurs identifiables. Avec un site anonyme, la discussion peut s’arrêter net, et le support, jusque-là très présent, devenir injoignable.
La troisième est la supervision. Les autorités surveillent les acteurs inscrits sur leurs registres, et peuvent intervenir en cas de manquement. Face à un site hors registre, cette surveillance n’existe pas, ce qui laisse l’épargnant seul face à ses éventuelles difficultés.
Le rôle de la réglementation financière dans ce dispositif
La réglementation financière n’a pas pour but de supprimer la possibilité de perdre de l’argent sur les marchés. Elle vise à garantir que celui qui commercialise un produit est identifié, contrôlable et tenu de respecter des obligations. Les listes noires complètent ce dispositif en désignant ceux qui opèrent en dehors de ce périmètre.
L’AMF, autorité publique indépendante, veille à la protection de l’épargne investie en produits financiers, à la qualité de l’information et au bon fonctionnement des marchés. L’ACPR, adossée à la Banque de France, contrôle les secteurs de la banque et de l’assurance et se charge aussi de la protection de la clientèle des établissements qu’elle supervise. Leur action conjointe sur ce sujet reflète la diversité des acteurs et des canaux qui peuvent toucher le public.
Un parallèle utile avec le quotidien
Imaginez que vous deviez confier des travaux à un artisan que vous ne connaissez pas. Vous vérifieriez probablement son numéro d’entreprise, ses assurances, ses références. Dans la finance, le raisonnement est identique, mais les registres officiels sont gratuits et publics. Ne pas les consulter revient à signer un devis sans savoir qui l’a établi.
Les risques liés au trading en ligne ne sont donc pas seulement ceux du marché, mais aussi ceux de la contrepartie. Savoir à qui l’on s’adresse précède toute réflexion sur le produit lui-même.
Comprendre ces risques invite naturellement à une question pratique : où retrouver les listes publiées par les autorités, et que valent-elles vraiment ?
Liste noire de l’AMF et de l’ACPR : où la consulter et quelles sont ses limites
La liste noire des sites Forex et celle des sites de dérivés sur crypto-actifs sont des outils de prévention. Elles recensent des adresses internet que les autorités ont identifiées comme proposant ces investissements sans autorisation en France. Elles sont publiques, mises à jour fréquemment, et consultables sans inscription.
Les deux endroits à connaître
Selon l’AMF, ces listes se trouvent sur le site d’Assurance Banque Épargne Infoservice, dans la rubrique consacrée à la prévention des arnaques puis aux listes noires des autorités. Elles sont également présentes sur le site de l’AMF, dans l’espace épargnants, à la rubrique « Protéger son épargne » puis « Listes noires et mises en garde ». Le relais publié par ABE Infoservice permet aussi de retrouver l’information côté grand public.
Le même contenu a été repris par plusieurs médias et organisations, ce qui peut aider à se repérer : l’alerte relayée par l’Anacofi, la version publiée par l’ACPR ou encore la dépêche reprise par Boursier.com. Pour une lecture synthétique de cette actualité, notre propre article consacré à cette alerte complète le panorama.
Une liste utile, mais jamais exhaustive
Voici le point à ne pas négliger : l’AMF précise que ces listes n’ont pas vocation à être exhaustives. De nouveaux acteurs non autorisés apparaissent régulièrement, parfois sous des noms très proches d’adresses déjà signalées. Un site absent de la liste noire n’est donc pas pour autant autorisé.
Pour Camille, cela signifie qu’une recherche négative ne suffit pas. Trouver que la plateforme n’est pas listée ne la blanchit pas. La bonne méthode consiste à faire l’inverse : chercher une preuve positive d’autorisation dans les registres officiels, ce que détaille la section suivante.
À quoi sert concrètement la liste
- Repérer rapidement un site qui vient de vous solliciter, par téléphone, par message ou par publicité.
- Constater la récurrence de certains schémas : noms évoquant la finance, espaces clients de type « webtrader », sous-domaines multiples.
- Alimenter une démarche de signalement ou un échange avec un interlocuteur public si un doute persiste.
- Éduquer son regard : plus on parcourt ces listes, plus on remarque ce qui se ressemble.
Ces avantages sont réels, à condition de ne pas les confondre avec une garantie de sécurité. La liste informe sur ce qui a été identifié, jamais sur tout ce qui existe.
Se faire accompagner par une ligne d’écoute
En cas de question, l’AMF indique que son service AMF Epargne Info Service est joignable au +33 (0) 1 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9h à 12h30, au prix d’un appel local. ABE Infoservice répond au 34 14, du lundi au vendredi de 8h à 18h, avec un numéro non surtaxé au prix d’un appel local. Un échange rapide peut suffire à lever un doute avant d’aller plus loin.
Les listes noires sont un premier filtre, rien de plus : elles gagnent en valeur lorsqu’elles sont couplées à la vérification des registres officiels.
Regafi, Orias, PSFP : vérifier qu’un intermédiaire est autorisé en France
Pour savoir si un acteur est habilité à proposer des produits ou services financiers en France, l’AMF indique trois sources de vérification. Chacune correspond à un statut précis, et il convient de consulter celle qui correspond à l’activité du démarcheur. Le tableau ci-dessous les résume.
| Registre | Ce qu’il permet de vérifier | Où le trouver |
|---|---|---|
| Regafi | Les prestataires de services d’investissement habilités | Le registre Regafi |
| Orias | Les intermédiaires autorisés dans la catégorie des conseillers en investissements financiers (CIF) | La recherche du registre de l’Orias |
| Liste des PSFP | Les prestataires de services en financement participatif | Une page dédiée du site de l’AMF |
Une méthode simple en quatre étapes
Face à une sollicitation, une démarche ordonnée évite de se laisser entraîner par l’urgence. Voici la séquence que Camille pourrait suivre, sans rien précipiter.
- Relever l’identité exacte de l’entreprise : dénomination, adresse, statut revendiqué, et pas seulement le nom commercial du site.
- Interroger le registre adapté : Regafi pour un prestataire de services d’investissement, Orias pour un CIF, liste PSFP pour le financement participatif.
- Comparer avec les listes noires de l’AMF et d’ABE Infoservice, sans oublier qu’elles ne sont pas exhaustives.
- Suspendre la démarche si l’intermédiaire ne figure sur aucun registre, puis demander un avis à un service d’information officiel.
Que faire si l’intermédiaire n’apparaît nulle part ?
L’AMF et l’ACPR invitent fortement à ne pas répondre aux sollicitations d’un intermédiaire qui ne figure sur aucune de ces listes. Selon elles, il pourrait être en infraction avec la législation applicable. Cela comprend aussi bien l’absence de bonne information que l’impossibilité de faire valoir ses droits en cas de litige.
Dans la pratique, cela signifie ne pas poursuivre l’échange, ne pas transmettre de pièces d’identité ou de documents bancaires, et ne pas verser de fonds. Si Camille a déjà échangé avec l’acteur, elle peut contacter l’un des services d’information cités plus haut pour savoir comment réagir.
Pourquoi tester plusieurs registres peut être nécessaire
Un acteur peut se présenter comme un conseiller, un courtier, une plateforme de financement ou un service de gestion. Selon le statut annoncé, le registre à interroger change. Une recherche ratée dans le mauvais registre ne prouve donc rien : il faut d’abord comprendre ce que prétend être l’interlocuteur.
Cette précaution a un avantage pédagogique : elle oblige à poser des questions simples, que n’importe quel professionnel autorisé est en mesure de comprendre. Un acteur légitime n’a aucune raison de se dérober lorsqu’on lui demande son statut et son numéro d’immatriculation.
Reste à traduire ces vérifications en habitudes durables, c’est-à-dire en réflexes capables de s’imposer même quand une offre semble pressante.
Alerte aux investisseurs : ce que cela change concrètement pour votre épargne
Pour un épargnant, cette publication ne modifie pas la fiscalité ni les produits disponibles. Elle change surtout l’ordre dans lequel on aborde un projet d’investissement : vérifier l’identité de l’interlocuteur avant d’étudier le produit, puis seulement ensuite examiner les caractéristiques de l’offre. Cette discipline est utile quelle que soit votre expérience.
Les réflexes à adopter au quotidien
Le premier réflexe est de ne jamais se décider sous pression. Une offre légitime supporte un délai de réflexion, tandis qu’un discours qui insiste sur l’urgence doit éveiller l’attention. Prendre une journée pour vérifier les registres ne coûte rien.
Le deuxième est de garder la maîtrise des échanges. Plutôt que de répondre à un appel entrant, vous pouvez demander les coordonnées complètes, puis les vérifier par vous-même. Ce petit renversement place l’initiative de votre côté.
Le troisième est de comparer plusieurs sources officielles : le site de l’AMF, celui de l’ACPR, ABE Infoservice. Chacun apporte un éclairage complémentaire, et le recoupement limite les mauvaises surprises.
Un cadre plus large pour apprendre à investir
Cette alerte ne s’adresse pas uniquement à ceux qui pratiquent déjà le trading. Elle vaut aussi pour les débutants, qui se demandent par où commencer et quels supports existent. Pour poser les bases dans l’ordre, notre guide pour commencer à investir présente les notions essentielles, de façon générale et sans recommandation personnalisée.
Ceux qui s’intéressent à l’épargne de long terme peuvent aussi consulter notre dossier sur l’assurance vie, afin de comprendre comment fonctionne une enveloppe encadrée. Il ne s’agit pas de comparer ces solutions au Forex ou aux dérivés crypto en termes de performance, mais de rappeler que chaque produit répond à des règles différentes, que chacun doit connaître avant de s’engager.
Un sujet qui s’inscrit dans une actualité plus large
Les crypto-actifs font l’objet d’un suivi réglementaire dans de nombreux pays. À titre d’exemple de lecture complémentaire, vous pouvez parcourir l’actualité réglementaire autour des crypto-actifs aux États-Unis, qui montre combien les cadres évoluent selon les juridictions. Cette diversité rend la vérification du statut local d’autant plus importante.
Ce qu’il faut retenir pour agir
- Vérifier avant de s’engager : une autorisation se prouve par un registre, pas par un discours.
- Ne pas se fier à l’absence d’une adresse sur la liste noire, puisque les listes sont partielles.
- Ne pas verser de fonds ni transmettre de documents à un acteur introuvable dans les registres.
- S’appuyer sur les services publics d’information en cas de doute.
Camille, au terme de sa vérification, aura gagné une chose précieuse : la capacité de dire non sans culpabilité. Dans l’univers du trading en ligne, prendre le temps de vérifier est déjà une forme de protection de son épargne.
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Selon l’AMF et l’ACPR, plusieurs sites proposent en France des investissements sur le Forex et sur des produits dérivés sur crypto-actifs sans y être autorisés. Depuis le début de l’année 2026, 57 sites ont été ajoutés dans la catégorie Forex et 36 dans celle des dérivés crypto, dont 26 et 10 au troisième trimestre.
Où trouver la liste noire des acteurs non autorisés ?
Les listes sont disponibles sur le site d’ABE Infoservice, dans la rubrique Prévention arnaques puis Listes noires des autorités, et sur le site de l’AMF, dans l’espace épargnants, rubrique Protéger son épargne puis Listes noires et mises en garde. Elles sont mises à jour fréquemment mais ne sont pas exhaustives.
Comment vérifier qu’un intermédiaire est autorisé en France ?
Il est possible de consulter le Regafi pour les prestataires de services d’investissement, le registre de l’Orias pour les conseillers en investissements financiers, ou la liste des prestataires de services en financement participatif sur le site de l’AMF. Si l’intermédiaire ne figure sur aucune de ces listes, l’AMF et l’ACPR invitent à ne pas répondre à ses sollicitations.
Investir comporte un risque de perte en capital.
