Selon l’AMF, de nouveaux sites qui proposent illégalement en France des crypto-actifs ou des services liés aux crypto-actifs viennent d’être identifiés au troisième trimestre et ajoutés à sa liste noire. Cette mise en garde concerne toute personne qui envisage un investissement en crypto-actifs ou qui reçoit des sollicitations en ligne, quelle que soit son expérience des marchés.

Depuis le début de l’année 2026, l’autorité a inscrit 64 noms sur cette liste des sites non autorisés. Le chiffre montre la cadence à laquelle apparaissent de nouvelles vitrines numériques qui se présentent comme des plateformes sérieuses, avec des noms inventés, des variantes d’adresses et des pages d’accueil soignées. Pour l’épargnant, l’enjeu ne se limite pas à une liste de domaines à éviter : il s’agit de comprendre comment fonctionne la protection des investisseurs, quels outils publics existent et quels gestes de vérification adopter avant de transmettre des données personnelles ou de l’argent. Les marchés numériques offrent des opportunités réelles, mais ils attirent aussi des acteurs qui exploitent la curiosité et la peur de passer à côté. Cet article reprend la publication de l’AMF, en explique la portée et propose des réflexes simples pour s’orienter.

En bref

  • Nouvelle mise en garde de l’AMF : des sites identifiés au troisième trimestre proposent illégalement en France des crypto-actifs ou des services sur crypto-actifs.
  • 64 noms ajoutés à la liste des sites non autorisés depuis le début de l’année 2026.
  • La liste noire est consultable sur le site de l’AMF et sur celui d’ABEIS, mais elle n’est pas exhaustive.
  • La liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) permet de vérifier qu’une entité est autorisée à opérer en France.
  • Absence d’un nom sur la liste noire ne vaut jamais autorisation : la vérification préalable reste indispensable.

Mise en garde de l’AMF sur les crypto-actifs : ce que contient la publication

Le point de départ est un communiqué dans lequel l’Autorité des marchés financiers dévoile la liste des nouveaux sites repérés au troisième trimestre. Ces sites proposent en France, sans y être autorisés, des crypto-actifs ou des services portant sur ces actifs. Le texte d’origine est disponible dans le communiqué de l’AMF sur les activités d’acteurs non autorisés, et il est relayé par Assurance Banque Épargne Infoservice.

Le rôle de l’AMF dans la réglementation financière

L’AMF est une autorité publique indépendante. Elle veille à la protection de l’épargne investie en produits financiers, à la qualité de l’information délivrée aux investisseurs et au bon fonctionnement des marchés. Elle participe aussi à l’élaboration de règles, en lien avec les instances européennes et internationales, supervise leur application et sanctionne les manquements.

Dans ce cadre, la publication de listes de mise en garde est un outil de prévention. Elle ne remplace pas une enquête ou une décision de justice, mais elle donne un signal public : l’entité visée ne figure pas parmi les acteurs autorisés pour l’activité qu’elle propose en France.

Qui sont ces acteurs non autorisés ?

Un acteur non autorisé est une entité qui offre des services ou des produits soumis à un cadre de réglementation financière sans avoir obtenu l’habilitation nécessaire. Cela ne signifie pas toujours qu’il existe une escroquerie démontrée, mais le risque de fraude financière est loin d’être théorique, car ces structures échappent à la surveillance prévue pour protéger les clients.

Un détail ressort de la liste du trimestre : certains noms reviennent sous plusieurs formes. Une même appellation peut apparaître avec une extension différente, avec ou sans tiret, ou avec le suffixe « fr » pour donner une impression de proximité avec le public français. Un autre site déploie plusieurs pages numérotées sous une même adresse. Ces variantes illustrent une stratégie classique : multiplier les portes d’entrée pour qu’un blocage n’interrompe pas la diffusion.

Une liste fréquemment actualisée, mais jamais complète

L’AMF précise que sa liste est mise à jour souvent sans prétendre à l’exhaustivité, car de nouveaux acteurs, non autorisés ou frauduleux, apparaissent régulièrement. Un exemple fictif aide à saisir la nuance : Claire, épargnante imaginaire, tape le nom d’une plateforme repérée sur un réseau social et ne trouve aucune trace dans la liste noire. Elle en conclut que le site est fiable. Or l’absence de signalement peut simplement signifier que le site est trop récent pour avoir été identifié.

Le bon réflexe consiste donc à inverser la logique : ne pas chercher si un site est interdit, mais s’assurer qu’il est autorisé. Cette distinction, qui fonde la section suivante, résume la philosophie de la protection des investisseurs. Pour approfondir le sujet, le guide sur les crypto-actifs proposés sans autorisation complète utilement cette lecture.

Liste noire, liste blanche, PSCA : comment vérifier un prestataire de services sur crypto-actifs

La publication de l’AMF s’accompagne d’une indication précieuse : pour savoir si une entité peut proposer des services sur crypto-actifs en France, il existe une liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs, abrégés PSCA. Elle est accessible sur le site de l’AMF. Elle répond à une question simple, que beaucoup d’épargnants oublient de poser : cette société a-t-elle le droit d’exercer ici ?

Deux outils complémentaires, pour deux questions différentes

La liste noire répond à la question « ce site a-t-il déjà été signalé ? » tandis que la liste blanche répond à « ce prestataire est-il autorisé ? ». Les deux se complètent, mais elles n’ont pas le même poids. Un résultat positif sur la liste noire constitue un signal d’alerte fort. Un résultat négatif ne prouve rien, comme on l’a vu. À l’inverse, la présence sur la liste blanche donne un point d’appui solide pour poursuivre ses vérifications.

Le tableau ci-dessous résume les repères indiqués par l’AMF.

Outil Ce qu’il recense Où le consulter Limite à garder en tête
Liste noire de l’AMF Sites non autorisés à proposer des crypto-actifs ou des services sur crypto-actifs Site de l’AMF : Espace Épargnants, puis Protéger son épargne, puis Listes noires et mises en garde Mise à jour fréquente, mais non exhaustive
Liste des autorités sur ABEIS Les listes noires publiées par les autorités Site d’Assurance Banque Épargne Infoservice : Prévention arnaques, puis Listes noires des autorités Même limite : l’absence d’un nom ne vaut pas autorisation
Liste blanche des PSCA Prestataires de services sur crypto-actifs autorisés à opérer en France Site de l’AMF Ne dit rien de la performance ni des risques d’un produit

Une démarche concrète, étape par étape

Revenons à Claire. Elle reçoit un message vantant une application d’investissement en crypto-actifs avec un accompagnement personnalisé. Avant toute inscription, elle relève le nom exact de la société, y compris dans les mentions légales, puis consulte la liste blanche des PSCA. Si le nom n’y figure pas, elle s’arrête et cherche l’explication : l’entité exerce-t-elle une autre activité ? S’agit-il d’une société étrangère sans autorisation en France ? Le simple fait que les réponses soient floues constitue déjà une information.

Elle consulte ensuite la liste noire, en testant plusieurs graphies du nom puisque les variantes d’adresses sont fréquentes. Cette double lecture ne prend que quelques minutes. Elle coûte bien moins cher qu’un transfert d’argent difficile à récupérer.

Pourquoi parler de prestataires de services ?

Les crypto-actifs ne s’achètent pas dans le vide : on passe par des intermédiaires, qui conservent, échangent ou conseillent. L’expression prestataires de services désigne ces intermédiaires, et c’est sur eux que repose l’essentiel de l’encadrement. Un actif numérique peut exister sans régulation particulière ; en revanche, celui qui vous le vend ou le conserve doit respecter des règles, et c’est cette obligation que l’AMF contrôle.

Pour qui veut visualiser la démarche, une vidéo pédagogique ci-dessous présente les réflexes de vérification avant d’ouvrir un compte sur une plateforme.

Retenez l’idée centrale : sur les marchés numériques, la confiance se vérifie, elle ne se déduit pas de l’apparence d’un site.

Reconnaître une fraude financière sur les marchés numériques : signaux d’alerte et exemples

La liste du troisième trimestre donne un aperçu concret de ce à quoi ressemble l’offre non autorisée. Les noms sont souvent inventés, sonores, vaguement techniques, et rappellent parfois des mots liés à la finance ou aux robots de trading. Rien ne les distingue au premier regard d’une jeune pousse légitime. C’est précisément ce qui rend la fraude financière efficace : elle imite les codes du secteur.

Les marqueurs que révèle la liste de l’AMF

Plusieurs observations se dégagent des noms publiés. D’abord, la déclinaison d’une même marque sur plusieurs adresses : un nom sur une extension, puis le même avec un tiret, puis avec la mention « fr ». Ensuite, la présence de sites reposant sur une adresse très longue ou sur des pages numérotées, signe de pages d’atterrissage conçues pour des campagnes de démarchage. Enfin, des noms qui évoquent un outil automatique ou un nom d’actif connu, destinés à rassurer.

Aucun de ces éléments ne suffit à prouver une infraction, mais leur accumulation doit inciter à la prudence. Un acteur sérieux n’a pas besoin de multiplier les sosies de son propre site.

Des mécanismes de persuasion bien rodés

Imaginons Karim, salarié fictif, contacté après avoir laissé ses coordonnées sur un formulaire alléchant. Un conseiller très aimable l’appelle, évoque une opportunité temporaire, puis insiste pour qu’il décide vite. Il lui montre un tableau de bord où des gains apparaissent. Le piège est là : ce que l’on voit sur un écran ne prouve pas que les fonds existent ou qu’ils pourront être retirés.

Voici les ressorts psychologiques les plus courants :

  • L’urgence : une offre censée disparaître rapidement pour empêcher la réflexion.
  • L’autorité apparente : un vocabulaire technique, des logos et des mentions qui imitent ceux d’institutions.
  • La preuve sociale : de faux témoignages ou des évocations de personnalités.
  • L’isolement : la demande de ne pas en parler à son entourage ou à sa banque.
  • Le paiement progressif : des demandes de versements complémentaires, justifiées par des frais ou des taxes imprévus.

Quand les sollicitations passent par des canaux inattendus

Les réseaux sociaux, les messageries, les publicités ciblées et les articles imitant des médias servent de relais. Une des adresses de la liste emprunte d’ailleurs un nom évoquant un média d’information, ce qui rappelle que l’apparence journalistique peut être un habillage. Un article « sponsorisé » vantant une plateforme n’a pas la valeur d’une enquête indépendante.

Ce phénomène n’est pas isolé : l’AMF publie régulièrement des alertes sur des faux bons plans et sur d’autres offres non autorisées. Pour compléter cette lecture, vous pouvez consulter l’analyse consacrée aux faux bons plans signalés par l’AMF ainsi que celle sur l’alerte relative au Forex et aux crypto-actifs.

Une règle simple pour garder la main

Face à une proposition qui s’appuie sur l’urgence, l’émotion ou la promesse d’un gain rapide, la meilleure défense reste le temps. Se donner quelques jours, vérifier, comparer, en parler à un proche : ces gestes ordinaires désarment la plupart des mises en scène. Une offre légitime supporte la vérification ; une offre frauduleuse craint le délai.

Ce que cette mise en garde change concrètement pour un épargnant

Une publication de régulateur peut sembler lointaine. Pourtant, elle a des effets pratiques très directs sur la manière d’aborder l’épargne. Elle ne modifie aucune règle fiscale ni aucun produit, mais elle rappelle un principe : la réglementation financière protège surtout ceux qui passent par des acteurs qu’elle encadre.

Un repère pour trier les sollicitations

Premier effet : l’épargnant dispose d’une méthode de tri. Toute sollicitation portant sur des crypto-actifs peut être passée au filtre des listes officielles, ce qui évite de décider sur la seule base de l’impression produite par un site ou un interlocuteur. C’est un gain de lucidité, non une garantie de résultat : un prestataire autorisé reste soumis aux fluctuations de marché.

Il faut en effet distinguer deux risques. Le premier est lié à l’actif lui-même, dont la valeur peut baisser fortement. Le second est lié à l’intermédiaire, qui peut être inexistant, inexpérimenté ou malveillant. La liste blanche et la liste noire n’agissent que sur le second.

Un lien avec le reste de votre épargne

Deuxième effet : la mise en garde invite à replacer les crypto-actifs dans une vision d’ensemble. Une personne qui découvre l’épargne gagne à comprendre d’abord ses objectifs, son horizon et sa tolérance aux pertes, avant de s’intéresser à une classe d’actifs particulière. Les guides pour commencer à investir détaillent cette démarche. Ceux qui s’interrogent sur les supports d’épargne plus classiques peuvent aussi consulter la page consacrée à l’assurance vie, pour comparer les logiques d’encadrement et de transparence.

Ces ressources sont informatives. Elles ne constituent ni une recommandation d’achat ou de vente ni un conseil adapté à une situation personnelle.

Un cas pratique pour fixer les idées

Reprenons Karim. Après une première discussion téléphonique, il demande le nom légal de la société, vérifie l’absence de cette entité dans la liste blanche, trouve des variantes de son nom parmi les adresses signalées et décide de ne verser aucun fonds. Il aurait pu perdre une somme importante et y perdre aussi sa confiance dans l’épargne en ligne. Il n’a pas non plus renoncé à s’informer : son choix a été de vérifier avant d’agir.

Ce cas, imaginaire, montre le vrai changement : l’épargnant n’est plus seul face à une offre séduisante, car des repères publics existent, à condition de les consulter.

Les limites à connaître

Une mise en garde n’indemnise personne et ne bloque pas toujours l’accès à un site. Elle informe. Il faut aussi admettre que les acteurs non autorisés changent d’adresse rapidement, ce qui rend la veille permanente. D’où l’importance de combiner les listes officielles avec un esprit critique, notamment à propos des promesses de gains élevés ou rapides.

Pour suivre le contexte plus large des crypto-actifs en France, l’article sur l’écosystème crypto français donne des éléments utiles. Le message à retenir tient en une phrase : mieux vaut un investissement refusé après vérification qu’un transfert accepté dans l’urgence.

Au-delà de cette vidéo, reste à transformer ces principes en habitudes quotidiennes, ce que détaille la dernière partie.

Réflexes à adopter avant tout investissement en crypto-actifs

Connaître la liste noire ne suffit pas : ce qui protège, c’est l’habitude de vérifier. Les réflexes ci-dessous peuvent être appliqués à toute proposition d’investissement numérique, qu’elle concerne des crypto-actifs ou d’autres produits présentés en ligne.

Une checklist avant de transmettre vos données ou votre argent

Prenez le temps de passer ces points en revue, dans l’ordre, avant tout engagement :

  1. Identifier l’entité : relevez son nom exact, son adresse et ses mentions légales, puis comparez-les avec ce que vous avez vu dans les messages ou publicités.
  2. Consulter la liste blanche des PSCA sur le site de l’AMF pour vérifier que l’entité est autorisée à opérer en France.
  3. Parcourir la liste noire de l’AMF ou celle relayée par ABEIS, en testant plusieurs orthographes et extensions.
  4. Refuser la pression : une proposition qui impose de décider immédiatement mérite un temps de pause.
  5. Éviter les accès à distance : ne donnez jamais le contrôle de votre ordinateur ou de vos comptes à un tiers inconnu.
  6. Parler autour de vous : un regard extérieur détecte souvent des incohérences que l’enthousiasme masque.

Comprendre ce que l’on achète

Un deuxième réflexe porte sur le produit. Si vous ne parvenez pas à expliquer en quelques phrases comment l’offre fonctionne, d’où viendrait la rémunération et quels risques elle comporte, la prudence s’impose. Un prestataire sérieux détaille les risques autant que les avantages ; un discours centré uniquement sur des perspectives de gains doit alerter.

Dans le même esprit, évitez d’engager des sommes dont vous pourriez avoir besoin à court terme. Les crypto-actifs peuvent connaître de fortes variations, et un épargnant qui s’expose sans l’avoir anticipé peut subir des pertes difficiles à absorber.

Que faire en cas de doute ou de mauvaise expérience

Si vous avez déjà échangé avec un site qui vous semble douteux, cessez les échanges, conservez les messages, captures d’écran et justificatifs de paiement, et ne versez aucun complément présenté comme nécessaire pour récupérer vos fonds. Les sites de l’AMF et d’ABEIS regroupent les informations de prévention et les listes des autorités, et peuvent vous orienter vers les démarches adaptées à votre situation.

Pensez aussi à signaler les sites suspects : chaque alerte contribue à enrichir la veille collective. Les autres analyses du site, comme celle consacrée à la mise en garde conjointe de l’AMF et de l’ACPR sur le Forex et les dérivés de crypto-actifs, montrent que ces vigilances se répètent d’un trimestre à l’autre.

Une vigilance qui s’entretient

Les listes évoluent, les noms changent, les techniques aussi. Revenir régulièrement sur les pages de prévention de l’AMF, suivre les publications des autorités et garder à l’esprit que l’absence d’un nom sur une liste noire n’est jamais une preuve de sérieux : voilà l’hygiène numérique de base de l’épargnant.

Un dernier principe vaut pour toutes les situations : si une offre vous semble trop belle ou trop pressante, c’est le moment de ralentir, de vérifier et, si besoin, de demander un avis professionnel indépendant avant d’agir. Cette publication de l’AMF n’a pas d’autre ambition que de vous donner ce temps d’avance.

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Que signifie la mise en garde de l’AMF sur les crypto-actifs ?

Selon l’AMF, plusieurs sites identifiés au troisième trimestre proposent en France des crypto-actifs ou des services sur crypto-actifs sans autorisation. Ils sont ajoutés à la liste noire de l’autorité, qui compte 64 noms ajoutés depuis le début de l’année 2026.

Comment vérifier qu’un prestataire de crypto-actifs est autorisé ?

L’AMF met à disposition sur son site une liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA). Il est recommandé de la consulter, puis de parcourir la liste noire, disponible sur le site de l’AMF et sur celui d’ABEIS, avant tout versement.

Un site absent de la liste noire est-il forcément fiable ?

Non. L’AMF précise que sa liste est mise à jour fréquemment mais qu’elle n’est pas exhaustive, car de nouveaux acteurs non autorisés ou frauduleux apparaissent régulièrement. Seule la présence sur la liste blanche indique qu’un prestataire est autorisé.

Investir comporte un risque de perte en capital.