L’actualité financière et technologique est souvent le théâtre de manœuvres complexes, mais certaines opérations retiennent particulièrement l’attention en raison de leurs implications stratégiques. La récente validation par Bercy de la cession d’Exaion, la filiale blockchain et calcul haute performance (HPC) d’EDF, à l’entreprise américaine MARA Holdings pour 168 millions de dollars, a mis en lumière un document confidentiel aux conséquences potentiellement lourdes. En effet, ce document, révélé par Grégory Raymond de The Big Whale, met en évidence une clause de non-concurrence qui interdit formellement à EDF toute activité de minage de Bitcoin et de calcul haute performance pour une période de deux ans. Cette révélation, survenue ce dimanche 25 janvier 2026, soulève de nombreuses questions quant à la souveraineté énergétique et numérique de la France, à un moment où le pays fait face à des surplus d’électricité historiques. Comment une telle clause a-t-elle pu être validée, et quelles sont les réelles implications pour l’avenir de l’énergie et de la blockchain dans l’Hexagone ? L’analyse de cette situation complexe nécessite de plonger au cœur des enjeux économiques, technologiques et politiques qui se dessinent. L’ensemble de cette transaction, depuis son annonce en août 2025, est empreint d’une tension palpable, cristallisant les débats autour de la place de la France dans le paysage mondial des cryptomonnaies et de l’énergie, alors que des voix s’élèvent pour dénoncer une potentielle braderie d’actifs stratégiques au profit d’intérêts étrangers.
En bref :
- 🤝 Le rachat d’Exaion, filiale d’EDF, par MARA Holdings pour 168 millions de dollars a été validé par Bercy.
- 🚫 Une clause de non-concurrence majeure interdit à EDF le minage de Bitcoin et le calcul haute performance pendant deux ans.
- 🗓️ L’opération avait été annoncée en août 2025, avec une option pour MARA de monter à 75 % d’ici 2027.
- 📜 Le document confidentiel révélant cette clause a été dévoilé le 25 janvier 2026 par Grégory Raymond.
- 💡 Cette interdiction offre un avantage compétitif considérable à MARA sur le marché français.
- 🇫🇷 La France connaît un surplus d’énergie électrique historique, ce qui rend le minage de Bitcoin pertinent pour la stabilisation du réseau.
- ⚡ Le minage de Bitcoin est une activité flexible, capable d’absorber les surplus d’électricité et de s’arrêter instantanément.
- 🗣️ Des personnalités politiques, comme David Lisnard et 77 députés du RN, ont alerté sur les risques de cette clause pour la souveraineté française.
- 🚀 L’absence d’EDF du marché du minage de Bitcoin pendant cette période critique pourrait laisser MARA établir une position dominante difficile à contester.
Le Contexte du Rachat d’Exaion par MARA : Une Opération Stratégique sous Surveillance 🧐
L’acquisition d’Exaion par MARA Holdings constitue un événement majeur dans le paysage technologique et énergétique français de 2026. Cette transaction, dont les prémices remontent à août 2025, a vu le géant américain du minage de Bitcoin et des infrastructures de données prendre une participation majoritaire de 64 % dans la filiale d’EDF, avec une option stratégique pour augmenter cette part jusqu’à 75 % d’ici 2027. Pour une somme de 168 millions de dollars, MARA met la main sur une entreprise reconnue pour son expertise en calcul haute performance (HPC) et dans les technologies blockchain, des domaines jugés essentiels pour l’avenir numérique et énergétique. Mais pourquoi une telle opération suscite-t-elle autant de débats et de réserves, même après la validation de la Direction générale du Trésor ? La réponse réside dans les implications profondes de cette vente pour la souveraineté nationale et les opportunités manquées.
Historiquement, Exaion s’est positionnée comme une pépite technologique. Elle valorise les capacités de calcul des supercalculateurs d’EDF pour offrir des services innovants dans le cloud, l’intelligence artificielle et bien sûr, la blockchain. Sa particularité ? Utiliser des centres de données qui profitent des surplus d’énergie de son groupe mère, EDF, dans une démarche d’efficacité et de valorisation des ressources. Cette synergie était perçue comme un atout considérable pour la France, permettant à un acteur public de rester à la pointe des technologies de rupture. Le rachat par une entité étrangère comme MARA, leader mondial du minage de Bitcoin, a immédiatement soulevé des inquiétudes quant à l’orientation future d’Exaion et à la perte d’un savoir-faire stratégique national.
Les conditions de validation de Bercy étaient initialement présentées comme classiques, visant à garantir le maintien des capacités industrielles sur le territoire, la protection des données sensibles, et la continuité des services pour EDF. Cependant, l’intégration d’une clause de non-concurrence passée inaperçue, ou du moins sous-estimée publiquement, vient compliquer ce tableau idyllique. Cette clause, désormais au cœur de la controverse, interdit explicitement à EDF de s’engager dans des activités de calcul haute performance et de minage de Bitcoin pendant deux ans. Il s’agit d’une restriction significative pour un acteur comme EDF, qui dispose d’infrastructures et d’une expertise potentiellement inégalées pour ces activités, surtout dans un contexte de surplus énergétique.
Le minage de Bitcoin, loin d’être une simple spéculation, représente aujourd’hui une industrie stratégique qui peut jouer un rôle crucial dans la gestion des réseaux électriques, notamment pour stabiliser la demande face aux fluctuations de l’offre. En se privant de cette possibilité, EDF semble renoncer à un levier d’optimisation majeur. La question de savoir si cette décision a été pleinement mesurée ou si elle résulte d’une sous-estimation des enjeux est au cœur des débats. Les industriels français du secteur blockchain et de l’énergie se sont d’ailleurs mobilisés contre cette opération, craignant qu’elle ne compromette les ambitions françaises dans ce domaine. Ils ont souligné que la capacité à innover et à contrôler les infrastructures numériques est directement liée à la souveraineté d’un État. La valorisation de 168 millions de dollars pour une entreprise qui était considérée comme une « pépite » soulève également des interrogations sur la justesse de l’évaluation, surtout au regard des potentiels stratégiques qu’elle représente. Certains estiment que la France a peut-être sacrifié une partie de sa souveraineté numérique et énergétique, un sacrifice dont les conséquences pourraient se faire sentir bien au-delà des deux ans d’interdiction.
En définitive, le rachat d’Exaion par MARA est bien plus qu’une simple transaction financière ; il s’agit d’un cas d’étude sur les arbitrages délicats entre attractivité des investissements étrangers et préservation des intérêts stratégiques nationaux. Ce dossier met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue face aux clauses contractuelles qui peuvent avoir un impact structurant sur des secteurs d’avenir. Il est essentiel de comprendre pleinement les motivations derrière ces décisions et les répercussions potentielles sur le long terme pour l’écosystème français des cryptomonnaies et de l’énergie. L’histoire d’Exaion avec MARA continuera de servir d’exemple pour les futures discussions sur la cession d’actifs sensibles.
La Clause d’Interdiction de Minage de Bitcoin : Un Verrou Stratégique pour EDF 🔒
La découverte de la clause de non-concurrence, révélée au grand jour ce dimanche 25 janvier 2026 par Grégory Raymond de The Big Whale, a changé la donne dans la perception du rachat d’Exaion par MARA Holdings. Si l’opération avait été validée par la Direction générale du Trésor avec des conditions que l’on pourrait qualifier de standards – telles que le maintien des emplois, la protection des données et la continuité des services –, cette clause ajoute une dimension tout à fait inattendue et particulièrement contraignante pour EDF. En substance, elle interdit à la société nationale toute incursion dans le domaine du calcul haute performance (HPC) et, de manière encore plus critique, dans le minage de Bitcoin et d’autres activités de cryptomonnaie, pour une période de deux ans. C’est une durée significative dans un secteur où l’innovation et l’évolution technologique sont extrêmement rapides.
L’existence de cette clause n’est pas une nouveauté absolue ; elle avait déjà été repérée et signalée dans le contrat déposé auprès de la SEC (Securities and Exchange Commission) l’été dernier. Cependant, son acceptation, ou du moins la non-opposition du Trésor à celle-ci, soulève de vives interrogations sur la stratégie d’ensemble et les priorités nationales. Le calcul haute performance est la colonne vertébrale de nombreuses innovations, de la recherche scientifique aux applications industrielles les plus complexes. Quant au minage de Bitcoin, il est bien plus qu’une simple opération technique ; il représente une opportunité de valorisation des surplus d’énergie et de stabilisation des réseaux électriques, comme nous le verrons. Priver EDF de ces leviers, c’est lui retirer la possibilité de jouer un rôle actif et prépondérant dans des secteurs d’avenir.
Imaginez, un instant, l’impact sur une entreprise comme EDF, qui dispose d’une expertise reconnue en matière de production et de gestion d’énergie. Pendant que MARA pourra s’implanter et développer ses activités de minage de Bitcoin sur le sol français, potentiellement en utilisant les infrastructures existantes ou en développant de nouvelles, EDF sera contrainte à l’inaction dans ce domaine. Cela crée un déséquilibre concurrentiel flagrant. Comme le souligne très justement Grégory Raymond, « Si demain l’État français décidait de lancer une politique publique pour favoriser le minage comme outil de stabilisation du réseau, il se retrouverait face à un acteur dominant déjà solidement installé, protégé par le droit américain, mais opérant sur le sol français. » Cette observation met en lumière un risque majeur pour la souveraineté économique et technologique du pays.
Cette interdiction de deux ans ne concerne pas seulement la participation directe d’EDF au minage de Bitcoin. Elle touche également le calcul haute performance (HPC), un secteur où Exaion excellait et pour lequel elle utilisait les ressources d’EDF. Cela signifie que EDF ne pourra pas non plus explorer de nouvelles synergies ou développer de nouvelles applications basées sur ces technologies critiques, même si elles ne sont pas directement liées au minage de cryptomonnaie. C’est une contrainte qui va bien au-delà de la simple concurrence et qui pourrait freiner l’innovation interne au sein du groupe.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les technologies blockchain et le minage sont souvent liés à des enjeux de sécurité nationale et de résilience des infrastructures. Avoir une entreprise nationale capable de maîtriser ces technologies est un gage de souveraineté. En transférant ce savoir-faire et ces capacités à une entreprise étrangère, même si MARA est une entité respectée, la France prend un risque calculé. La question de la « pépite tech d’EDF » vendue à un fonds américain, comme l’a souligné BFMTV, n’est pas seulement une question financière, mais bien une question de vision stratégique à long terme pour l’avenir numérique et énergétique de la nation. Ce verrouillage contractuel pourrait bien être l’une des conséquences les plus durables et les plus regrettables de cette opération pour le groupe EDF et pour la France.
Implications Stratégiques de l’Interdiction : MARA Bénéficiaire en France 🇫🇷➡️🇺🇸
L’interdiction faite à EDF de s’engager dans le minage de Bitcoin et le calcul haute performance pendant deux ans n’est pas une simple formalité contractuelle ; elle représente un avantage stratégique considérable et direct pour MARA Holdings. Dans le monde des affaires, une telle clause de non-concurrence est un outil puissant pour consolider sa position sur un marché, et dans le cas présent, elle offre à MARA un boulevard pour s’implanter et se développer en France sans un concurrent de poids sur sa propre base énergétique.
Le marché du minage de Bitcoin est global et extrêmement compétitif. Toutefois, la capacité à opérer localement, avec un accès privilégié à des sources d’énergie stables et potentiellement excédentaires, est un atout majeur. La France, avec son parc nucléaire et ses énergies renouvelables, offre des conditions très favorables pour cette activité, notamment en termes de coûts et de stabilité. En acquérant Exaion, MARA met la main sur une infrastructure et un savoir-faire précieux. Et pendant que l’entreprise américaine développera ses opérations, EDF, qui est pourtant le producteur d’électricité du pays, sera contrainte à l’inactivité dans ce domaine précis. Ce délai de deux ans est crucial, car le marché des cryptomonnaies évolue à une vitesse fulgurante. Deux ans, c’est amplement suffisant pour qu’un acteur bien capitalisé comme MARA puisse établir une position dominante, développer ses infrastructures, optimiser ses opérations et signer des partenariats stratégiques.
Il est légitime de se demander quel rôle jouera MARA dans l’énergie et la blockchain en France. En l’absence de concurrence de la part d’EDF, l’entreprise américaine pourrait devenir l’acteur de référence pour le minage de Bitcoin utilisant les surplus énergétiques français. Cela soulève des questions sur la capacité future de l’État français à orienter cette activité dans l’intérêt national. Si une politique publique devait émerger pour encourager le minage comme outil de régulation du réseau électrique, l’acteur principal serait potentiellement une entité étrangère, dont les priorités pourraient différer des objectifs de souveraineté nationale. Ce scénario est précisément celui que craignait Gregory Raymond de The Big Whale. David Lisnard, président de l’Association des maires de France, avait également tiré la sonnette d’alarme dès novembre, soulignant les enjeux de cette vente pour le patrimoine technologique français et les implications d’une telle clause. Les débats autour du rachat d’Exaion ne sont donc pas uniquement techniques ou financiers, ils sont profondément politiques et stratégiques. Le rapport de Les Echos sur « pourquoi la cession d’Exaion, la pépite tech d’EDF, fait polémique » est un témoignage de ces préoccupations.
Cette période d’interdiction représente une fenêtre d’opportunité unique pour MARA. Pendant que d’autres nations cherchent à attirer les mineurs de Bitcoin pour valoriser leurs ressources énergétiques, la France se retrouve avec son principal acteur énergétique, EDF, les mains liées. Cela signifie que MARA pourra explorer pleinement le potentiel des données dynamiques comme celles concernant les surplus d’électricité annoncés par RTE, et adapter ses stratégies d’investissement sans la pression directe d’un concurrent national aux capacités industrielles massives. La question se pose : est-ce une braderie de l’énergie française ? Certains s’interrogent sur la valorisation réelle d’Exaion à 168 millions de dollars, considérant le potentiel stratégique qu’elle représente pour l’avenir de l’énergie et des technologies de l’information. Cette vente, et surtout la clause d’interdiction, pourraient bien avoir des répercussions durables sur la capacité de la France à se positionner en leader dans l’économie de la blockchain et du minage de Bitcoin, laissant un vide stratégique que MARA sera libre de combler. La pépite crypto française Exaion vendue par EDF à un fonds américain est une illustration des défis rencontrés par la France.
Le Surplus Électrique Français et le Potentiel du Minage de Bitcoin : Une Coïncidence Troublante ⚡🇫🇷
Le timing de la validation de cette opération, incluant la clause d’interdiction pour EDF, est particulièrement troublant au regard de la situation énergétique de la France en cette année 2026. Le pays fait face à une situation de surcapacité électrique historique, un fait mis en évidence par le rapport de RTE (Réseau de Transport d’Électricité) de décembre 2025. Ce rapport soulignait une consommation d’énergie stable, contrastant avec une production nucléaire et renouvelable qui demeure élevée. Le résultat est un solde net d’exportations record de 89 TWh en 2024, illustrant une capacité de production largement supérieure à la demande nationale.
Selon les projections de RTE, cette situation de surplus devrait perdurer pendant deux à trois ans, une période qui correspond étrangement à la durée de l’interdiction imposée à EDF. Pour absorber ces surplus, RTE préconise une accélération significative de l’électrification de l’économie. Mais le problème fondamental avec l’électricité est son incapacité à être stockée efficacement et à grande échelle. Sans des consommateurs supplémentaires et flexibles, le système doit impérativement s’équilibrer en limitant la production, plutôt qu’en valorisant ces excédents. C’est là que le minage de Bitcoin et le calcul haute performance entrent en jeu, offrant une solution élégante et pragmatique à ce défi.
Le minage de Bitcoin se distingue par sa flexibilité exceptionnelle en matière de consommation électrique. Les fermes de minage peuvent en effet consommer d’importantes quantités d’énergie pendant les heures creuses, lorsque l’électricité est abondante et moins chère, et s’arrêter quasi instantanément lorsque la demande du réseau général augmente. Cette capacité unique de « charge modulable » est précieuse pour les opérateurs de réseau, car elle permet d’équilibrer l’offre et la demande en temps réel, évitant ainsi des déperditions d’énergie ou la nécessité de réduire la production des centrales, ce qui peut être coûteux et complexe. Peu d’industries peuvent se targuer d’une telle adaptabilité.
L’idée d’exploiter les surplus d’électricité français pour le minage de Bitcoin n’est d’ailleurs pas nouvelle. En juillet 2025, pas moins de 77 députés du Rassemblement National avaient déposé une proposition de loi visant spécifiquement à valoriser ces excédents énergétiques via le minage de Bitcoin pour une période de cinq ans. Cette initiative législative témoigne d’une prise de conscience croissante du potentiel du minage non seulement comme activité économique, mais aussi comme outil de gestion du réseau électrique. Imaginez l’impact si EDF, le principal producteur et gestionnaire du réseau, avait pu se positionner sur ce marché : une synergie parfaite entre production d’énergie, gestion de réseau et innovation technologique.
La période de deux ans d’interdiction est donc d’autant plus critique qu’elle coïncide avec une phase où la France a un besoin urgent de trouver des débouchés pour son surplus d’électricité. Pendant ce temps, MARA aura le champ libre pour développer ses infrastructures et ses opérations de minage de Bitcoin, prenant une avance que EDF et, par extension, l’État français, auront du mal à rattraper. La France risque ainsi de rater une opportunité en or de renforcer sa souveraineté énergétique en utilisant des technologies de pointe. L’équilibre du réseau électrique et la valorisation de l’énergie produite sont des enjeux majeurs, et la décision de se priver de cet outil flexible qu’est le minage de Bitcoin pour un acteur national est, pour beaucoup d’experts, difficile à justifier. Pour comprendre comment le minage de Bitcoin influence le secteur de l’énergie, il est utile de se pencher sur les mécanismes en jeu. Un échange avec Florent Gabriel de Blobb.io expliquait comment la France pourrait dominer le minage de Bitcoin.
Minage de Bitcoin comme Stabilisateur de Réseau : Une Opportunité Manquée pour EDF 📉
Au-delà de l’aspect purement économique, le minage de Bitcoin recèle un potentiel stratégique majeur pour la gestion et la stabilisation des réseaux électriques. Cette facette, souvent méconnue du grand public et parfois minimisée par les décideurs, est au cœur des regrets et des inquiétudes soulevés par l’interdiction faite à EDF. Imaginez un monde où l’énergie ne se perd plus mais est réallouée intelligemment. C’est précisément ce que le minage de Bitcoin, lorsqu’il est bien intégré à une stratégie énergétique, peut permettre.
Le réseau électrique est un équilibre constant entre l’offre et la demande. Les sources d’énergie renouvelables, comme le solaire et l’éolien, sont intermittentes par nature, tandis que la production nucléaire est stable mais ne peut pas s’ajuster instantanément. En cas de surplus de production et de faible demande, les opérateurs de réseau sont souvent contraints de « curtailer » (réduire) la production, ce qui signifie gaspiller de l’énergie qui a été produite. Ces curtailments représentent non seulement une perte économique, mais aussi un gâchis de ressources. C’est ici que les centres de minage de Bitcoin peuvent jouer un rôle de « consommateurs de dernier recours ». Ils agissent comme des « éponges » capables d’absorber les surplus d’énergie, transformant ainsi un problème de déséquilibre en une source de revenus et une valorisation de l’actif énergétique.
L’une des caractéristiques les plus précieuses du minage de Bitcoin est sa « flexibilité à la demande ». Un mineur de Bitcoin peut, en quelques millisecondes, couper l’alimentation de ses machines si le réseau a besoin de cette énergie ailleurs, par exemple lors d’un pic de consommation ou d’une défaillance d’une centrale. Cette réactivité est quasiment inégalée dans l’industrie et en fait un partenaire idéal pour les opérateurs de réseau. C’est une capacité que très peu d’industries lourdes possèdent. Elles ont besoin de temps pour démarrer ou s’arrêter, ce qui rend leur intégration dans la gestion fine du réseau beaucoup plus complexe. Pour EDF, en tant que gestionnaire d’un vaste parc de production et d’un réseau complexe, la capacité à s’appuyer sur des charges modulables pour stabiliser le système aurait été un atout stratégique majeur. Cela aurait permis de réduire les coûts opérationnels liés à la gestion des surplus et d’optimiser l’utilisation de ses centrales.
Pensez aux périodes de vent fort ou d’ensoleillement maximal où la production éolienne ou solaire dépasse largement les besoins. Plutôt que de voir cette énergie gaspillée ou vendue à perte sur les marchés voisins, elle aurait pu être utilisée pour sécuriser le réseau Bitcoin, un actif numérique global. Ce faisant, EDF aurait pu non seulement générer des revenus supplémentaires, mais aussi renforcer l’infrastructure de la blockchain, contribuant à la sécurité et à la décentralisation de ce réseau mondial. La formation sur comment le minage de Bitcoin influence le secteur de l’énergie devient pertinente ici.
En imposant cette interdiction de deux ans, la France et EDF renoncent à cette opportunité de pionnier. Pendant que MARA pourra explorer et potentiellement dominer ce créneau sur le territoire français, EDF sera spectateur. Cela freine non seulement l’innovation interne et la diversification des activités du groupe, mais affaiblit également la capacité du pays à exploiter pleinement son avantage énergétique pour des applications technologiques de pointe. C’est une occasion manquée de démontrer comment un acteur national peut intégrer de manière responsable et innovante les cryptomonnaies dans une stratégie énergétique globale, transformant un défi (le surplus) en une force. La compréhension des fondamentaux solides du Bitcoin est essentielle pour saisir ces opportunités.
Réactions et Alertes : Quand la Classe Politique et les Experts S’inquiètent 📢
La nouvelle du rachat d’Exaion par MARA Holdings, et plus particulièrement la révélation de la clause d’interdiction de minage de Bitcoin pour EDF, n’est pas passée inaperçue dans les sphères politiques et économiques françaises. Bien avant la confirmation publique de cette clause, des voix s’étaient déjà élevées pour exprimer de profondes inquiétudes, soulignant les risques pour la souveraineté nationale et l’avenir énergétique et numérique du pays. Ces alertes émanaient de divers horizons, allant des élus locaux aux députés, en passant par des experts de la blockchain et de l’énergie.
Dès novembre, David Lisnard, le président de l’Association des maires de France (AMF), avait publiquement alerté sur le caractère problématique de cette clause. Sa prise de position n’était pas anodine ; en tant que représentant des collectivités locales, il comprenait les implications concrètes d’une telle décision pour l’aménagement du territoire, l’emploi et le développement économique local. Il soulignait alors le risque de voir des actifs stratégiques nationaux passer sous contrôle étranger, avec des clauses potentiellement préjudiciables aux intérêts français. Pour lui, la vente d’une « pépite » comme Exaion ne devait pas se faire sans une analyse approfondie de toutes les conséquences à long terme. Sa voix a été parmi les premières à mettre en lumière les enjeux de souveraineté numérique et énergétique, qui sont au cœur de cette polémique.
L’inquiétude a également trouvé un écho à l’Assemblée Nationale. En juillet 2025, un groupe de 77 députés du Rassemblement National avait déposé une proposition de loi visant à exploiter les surplus d’électricité français via le minage de Bitcoin pour une durée de cinq ans. Cette initiative législative démontrait une volonté politique de considérer le minage de Bitcoin non pas comme une simple activité spéculative, mais comme un outil de gestion énergétique doté d’un potentiel économique et stratégique. Le fait que l’État, via EDF, soit contraint par une clause d’interdiction d’explorer cette voie, alors même que des élus y voient une solution, crée une dissonance significative. Cela pose la question de la cohérence de la stratégie nationale et de la capacité du gouvernement à protéger ses propres intérêts face à des accords commerciaux internationaux. Le « rachat d’Exaion, pépite tech d’EDF, par l’américain Mara : pourquoi cela fait polémique » est un titre qui résume bien ces préoccupations.
Les experts de l’écosystème blockchain et des cryptomonnaies ont également exprimé leurs préoccupations. Beaucoup d’entre eux voient dans cette clause une opportunité manquée pour la France de se positionner en leader sur le marché européen du minage de Bitcoin. Alors que certains pays cherchent activement à attirer les mineurs pour valoriser leurs surplus énergétiques, la France semble faire le choix inverse pour son acteur national. Cette décision pourrait entraver le développement d’un écosystème national robuste autour du minage, laissant la place à des acteurs étrangers. La discussion sur la « souveraineté numérique » est devenue un thème central, car elle englobe la capacité d’un pays à contrôler ses données, ses infrastructures et ses technologies clés, des éléments qui sont directement impactés par ce genre de transaction. L’article de Cryptoast, « La DG Trésor autorise la cession d’Exaion à Mara Holdings… », met en évidence ces enjeux et la déception d’un consortium français qui proposait de racheter la filiale pour l’exploiter dans le minage de Bitcoin.
En somme, les réactions témoignent d’une prise de conscience que cette opération dépasse le cadre d’une simple vente d’entreprise. Elle touche à des questions fondamentales sur l’autonomie stratégique de la France dans des domaines cruciaux pour son avenir. L’alignement des préoccupations de personnalités politiques et d’experts suggère qu’il ne s’agit pas d’une controverse passagère, mais d’un débat de fond sur la direction que prend le pays face à l’innovation technologique et aux défis énergétiques, surtout lorsque des clauses d’interdiction verrouillent les capacités d’un acteur public majeur comme EDF.
L’Avenir du Minage de Bitcoin en France : Scénarios Post-Interdiction 🔮
La période de deux ans d’interdiction qui pèse sur EDF en matière de minage de Bitcoin et de calcul haute performance va inévitablement remodeler le paysage de ces industries en France. Cette pause forcée pour l’opérateur historique crée un vide que MARA Holdings, l’acquéreur d’Exaion, est idéalement positionné pour combler. Il est crucial d’anticiper les scénarios post-interdiction pour comprendre les répercussions à long terme sur la souveraineté énergétique et numérique de la France.
Le scénario le plus probable est une consolidation de la position de MARA comme acteur dominant du minage de Bitcoin sur le territoire français. Pendant qu’EDF est contrainte à l’inactivité, MARA aura tout le loisir de développer ses infrastructures, d’optimiser ses opérations et d’établir des partenariats stratégiques. L’entreprise américaine pourra exploiter les surplus d’énergie que la France continue de produire, transformant cette ressource en un avantage compétitif significatif. À l’issue de l’interdiction, EDF se retrouverait face à un acteur déjà solidement établi, avec une expertise opérationnelle et une part de marché considérables, rendant toute tentative de rattrapage ardue. La lutte des mineurs BTC pour le hashrate est déjà intense, et prendre du retard est coûteux.
Un autre scénario envisage la possibilité que l’État français, confronté aux enjeux de souveraineté et à la nécessité de valoriser ses surplus d’énergie, cherche à mettre en place une politique publique favorisant le minage de Bitcoin comme outil de régulation du réseau. Cependant, si cette politique voit le jour après l’expiration de la clause, le principal bénéficiaire de ces incitations pourrait être MARA, déjà en position de force. EDF, même libérée de ses contraintes, devrait alors lutter pour retrouver une place sur un marché déjà structuré par un concurrent. Cela pourrait limiter l’impact de telles politiques nationales et affaiblir la capacité de l’État à utiliser le minage de Bitcoin comme levier pour ses propres objectifs stratégiques. Le Le Point se demandait déjà « Que cache le rachat d’une filiale d’EDF par le géant américain du Bitcoin… »
Cependant, il existe aussi des scénarios où EDF pourrait apprendre de cette expérience. Pendant les deux ans, le groupe pourrait développer une expertise théorique, préparer ses plans d’action et envisager des technologies alternatives ou des partenariats pour se relancer avec force dès la levée de l’interdiction. Mais cela demanderait une vision proactive et une capacité à anticiper les évolutions du marché du minage de Bitcoin et des technologies blockchain. La rentabilité du minage de Bitcoin dépend de nombreux facteurs, et une entrée tardive pourrait être moins favorable.
Il est également important de considérer l’évolution globale du marché des cryptomonnaies d’ici 2028. Avec les cycles de halving du Bitcoin et les innovations technologiques, le paysage pourrait être très différent. EDF pourrait alors évaluer si le minage de Bitcoin reste la meilleure voie ou si d’autres applications de la blockchain, moins énergivores ou plus alignées sur ses missions fondamentales, sont plus pertinentes. Mais cette période d’attente forcée reste un pari risqué. Le maintien de l’activité sur le sol français, la protection des données et la continuité des services pour EDF étaient des conditions posées par le Trésor, mais la clause de non-concurrence vient assombrir ces garanties. L’avenir dira si cette opération aura été un catalyseur ou un frein pour le développement de l’écosystème blockchain français. La souveraineté numérique et énergétique, comme le soulignent de nombreux experts, est un enjeu qui dépasse largement le cadre d’une simple transaction commerciale, comme le souligne l’article de La Tribune « Les industriels français du bitcoin s’organisent contre le rachat d’Exaion ».
La Blockchain au Service de l’Énergie : Perspectives et Enjeux au-delà du Minage 🌐💡
Si le minage de Bitcoin est au cœur de la polémique autour d’Exaion, il est crucial de rappeler que la technologie blockchain, dont la filiale d’EDF était un précurseur, offre un éventail de perspectives bien plus vaste pour le secteur de l’énergie. L’interdiction de deux ans pour EDF ne devrait pas occulter le potentiel transformateur de cette technologie pour l’ensemble de l’industrie, allant de la gestion des micro-réseaux à la certification de l’origine de l’énergie, en passant par l’optimisation des marchés.
La blockchain permet de créer des registres distribués et immuables, offrant une transparence et une sécurité sans précédent. Dans le secteur de l’énergie, cela peut se traduire par plusieurs applications révolutionnaires. Par exemple, la gestion décentralisée des transactions d’énergie entre producteurs et consommateurs. Imaginez des particuliers équipés de panneaux solaires vendant directement leur surplus d’électricité à leurs voisins via une plateforme blockchain, sans intermédiaire. Cette approche renforce l’autonomie énergétique et favorise les circuits courts. Exaion, par son expertise, aurait pu être un acteur clé dans le développement de ces solutions en France, notamment pour les « smart grids » et les communautés énergétiques locales.
Un autre domaine d’application est la traçabilité de l’énergie verte. Les certificats d’origine sont essentiels pour garantir qu’une entreprise ou un consommateur utilise de l’énergie renouvelable. La blockchain pourrait automatiser et sécuriser l’émission et le transfert de ces certificats, rendant le processus plus transparent, moins coûteux et infalsifiable. Cela permettrait de lutter plus efficacement contre le « greenwashing » et de donner une réelle valeur aux efforts de décarbonation. EDF, avec son engagement dans les énergies renouvelables, aurait pu tirer parti de ces outils pour renforcer la confiance de ses clients et optimiser la gestion de son portefeuille d’énergie verte.
La gestion des compteurs intelligents et la facturation pourraient également bénéficier de la blockchain. En automatisant la collecte des données de consommation et en sécurisant les processus de facturation, les opérateurs pourraient réduire les erreurs, minimiser la fraude et offrir aux consommateurs une meilleure visibilité sur leur consommation. Les contrats intelligents (smart contracts), exécutés automatiquement sur la blockchain, pourraient par exemple déclencher des paiements ou des ajustements tarifaires en fonction de conditions prédéfinies, apportant une efficacité opérationnelle considérable. C’est une révolution pour la relation client et l’efficacité des opérations.
De plus, la blockchain peut soutenir le développement de nouveaux marchés de l’énergie, notamment pour la flexibilité ou les services auxiliaires au réseau. Des plateformes décentralisées pourraient permettre aux acteurs du marché de proposer et d’acheter des services de flexibilité, aidant ainsi à stabiliser le réseau de manière plus dynamique et économique. Ces innovations sont essentielles pour accompagner la transition énergétique et intégrer une part croissante d’énergies renouvelables intermittentes.
Alors que l’interdiction d’EDF concerne spécifiquement le minage de Bitcoin et le calcul haute performance, l’expertise d’Exaion dans ces domaines était une passerelle vers toutes ces autres applications de la blockchain dans l’énergie. La perte de contrôle sur cette filiale et l’incapacité pour EDF de développer activement ces technologies en interne pendant deux ans représente un frein potentiel à l’innovation et à la capacité de la France à rester à la pointe de la convergence entre énergie et technologies numériques. Il est donc impératif de continuer à explorer ces perspectives, même si le chemin est temporairement semé d’embûches pour certains acteurs nationaux. La question du « minage IA et des fermes américaines » montre l’intérêt croissant pour ces technologies.
L’Impact de la Cession sur la Stratégie d’Innovation d’EDF 🚀➡️⏳
La vente d’Exaion et, plus encore, la clause d’interdiction de minage de Bitcoin et de calcul haute performance pour deux ans, posent des questions fondamentales sur la future stratégie d’innovation d’EDF. Comment un groupe comme EDF, qui se veut un pilier de la transition énergétique et de l’innovation, va-t-il gérer cette contrainte dans un environnement technologique en constante évolution ? Il s’agit d’un défi majeur qui pourrait impacter sa capacité à rester compétitif et à innover dans des domaines cruciaux.
Historiquement, les grandes entreprises comme EDF ont souvent utilisé des filiales comme Exaion pour explorer de nouvelles technologies, prendre des risques calculés et développer des expertises de pointe sans alourdir la structure principale. Ces « pépites » servent de laboratoires d’innovation, permettant d’expérimenter la blockchain, l’IA ou le calcul haute performance. En cédant Exaion et en se voyant imposer une interdiction sur deux de ses activités clés, EDF perd non seulement une partie de son expertise mais aussi un vecteur essentiel de sa stratégie d’innovation. Le groupe devra soit trouver des alternatives pour reconstruire ces compétences en interne (ce qui est coûteux et prend du temps), soit dépendre de partenaires externes, ce qui réduit son autonomie.
La période de deux ans est particulièrement critique. Dans le monde de la blockchain et des cryptomonnaies, l’innovation est exponentielle. De nouvelles technologies émergent, les protocoles évoluent et les cas d’usage se multiplient à une vitesse fulgurante. Être absent du terrain pendant deux ans, c’est risquer de prendre un retard considérable. Lorsque l’interdiction sera levée, le paysage technologique et concurrentiel aura probablement beaucoup changé. EDF devra alors redoubler d’efforts pour rattraper son retard, un processus qui demandera des investissements massifs en recherche et développement, en acquisition de talents et en partenariats stratégiques. Il est essentiel pour EDF de réfléchir dès maintenant à une stratégie pour regagner du terrain.
Cette situation soulève également la question de la diversification des sources de revenus et de la valorisation des actifs. Pour EDF, l’exploitation de ses surplus d’énergie via le minage de Bitcoin représentait une opportunité de générer des revenus supplémentaires tout en optimisant la gestion de son réseau. En se privant de cette possibilité, le groupe renonce à une source potentielle de diversification financière à un moment où la transition énergétique exige des investissements colossaux. La capacité à transformer un problème (le surplus d’électricité) en une opportunité économique est un signe d’innovation et de résilience. La France devrait plutôt penser à dominer le minage de Bitcoin, comme l’ont dit certains experts.
Comment EDF peut-il atténuer cet impact ? Le groupe pourrait se concentrer sur d’autres aspects de la blockchain et de l’innovation énergétique non couverts par l’interdiction. Par exemple, investir dans la recherche sur la cybersécurité des infrastructures énergétiques avec des technologies distribuées, explorer des solutions de gestion de l’énergie à petite échelle ou développer des applications de la blockchain pour la finance carbone et les marchés de certificats verts. Il est également possible qu’EDF renforce ses partenariats avec des startups et des laboratoires de recherche français pour maintenir un lien avec l’écosystème innovant, en attendant de pouvoir reprendre ses propres activités de HPC et de minage. Cette période doit être vue comme une opportunité de réévaluation stratégique plutôt que comme une simple attente passive. La réglementation du Bitcoin en 2026 pourrait également apporter de nouvelles perspectives ou contraintes à considérer.
En somme, la cession d’Exaion et l’interdiction qui en découle représentent un test de résilience pour la stratégie d’innovation d’EDF. La capacité du groupe à pivoter, à anticiper et à préparer son retour dans ces domaines sera déterminante pour son rôle futur dans l’énergie et la technologie en France et à l’international.
Le Rôle des Acteurs Nationaux et la Quête de Souveraineté Numérique 🇫🇷🛡️💻
L’affaire Exaion et MARA dépasse les simples transactions commerciales pour toucher au cœur de la quête de souveraineté numérique et énergétique de la France. Ce concept, de plus en plus prégnant dans les débats publics, fait référence à la capacité d’un État à maîtriser ses infrastructures numériques, ses données et ses technologies critiques, sans dépendre excessivement de puissances étrangères. La cession d’une filiale d’EDF, groupe public emblématique de la souveraineté énergétique française, à un acteur étranger du minage de Bitcoin, avec une clause d’interdiction, interroge profondément cette aspiration.
Dans un monde où les données sont le nouvel or noir et où les infrastructures numériques sont la colonne vertébrale des économies, la perte de contrôle sur des « pépites » technologiques comme Exaion est perçue par beaucoup comme une brèche dans cette souveraineté. Exaion n’était pas seulement une entreprise de calcul, c’était un maillon potentiel d’une chaîne de valeur nationale pour la blockchain et le calcul haute performance, exploitant des ressources énergétiques françaises. La question est de savoir si le prix de 168 millions de dollars compense la perte de ce levier stratégique pour l’avenir.
Les acteurs nationaux, qu’il s’agisse de start-ups innovantes, de consortiums industriels ou de groupes de recherche, ont un rôle essentiel à jouer dans cette quête de souveraineté. L’existence d’un consortium français qui proposait de racheter Exaion pour l’exploiter dans le minage de Bitcoin, comme le rapporte Cryptoast, est un témoignage de cette volonté. L’échec de cette alternative nationale, face à la validation de l’offre de MARA, est perçu comme un signal négatif pour l’écosystème français. Il suggère que les acteurs nationaux, même s’ils proposent des solutions viables et alignées sur les intérêts du pays, peinent parfois à rivaliser avec la puissance financière et l’influence des géants internationaux. Sébastien Lecornu, comme le rapportait France 24, avait promis de « protéger » Exaion, une pépite d’EDF lorgnée par l’Américain MARA, ce qui ajoute une couche de complexité à la perception publique de cette décision.
La souveraineté numérique ne se limite pas à la propriété des infrastructures ; elle englobe aussi la capacité à développer, maîtriser et réguler les technologies. En se privant de la capacité de son principal acteur énergétique (EDF) à s’engager dans le minage de Bitcoin pendant deux ans, la France pourrait se retrouver en position de dépendance technologique vis-à-vis d’acteurs étrangers. Cela pourrait limiter sa marge de manœuvre si elle souhaitait, par exemple, mettre en place des normes spécifiques pour le minage, ou utiliser cette activité à des fins de gestion de réseau, comme envisagé par certains députés. C’est pourquoi la clause est si critique ; elle n’est pas seulement une contrainte commerciale, elle est une entrave potentielle à l’autonomie stratégique.
Le débat autour de cette affaire doit donc inciter à une réflexion plus large sur les mécanismes de protection des actifs stratégiques et sur la manière dont la France peut encourager ses propres champions technologiques. Il s’agit de trouver un équilibre entre l’ouverture aux investissements étrangers, nécessaire à la croissance économique, et la préservation d’un noyau dur de compétences et d’infrastructures essentielles pour l’avenir. La souveraineté numérique et énergétique est un chantier de longue haleine, et l’épisode Exaion–MARA en est une illustration éloquente des défis à relever pour les acteurs nationaux. Il est crucial de ne pas sacrifier la souveraineté française, comme le souligne Journal du Coin dans son article sur le sujet.
Tableau Récapitulatif : Acteurs, Événements et Enjeux Clés du Rachat d’Exaion 📊
Pour mieux appréhender la complexité du dossier Exaion, il est utile de synthétiser les principaux acteurs, les événements marquants et les enjeux cruciaux de cette opération. Ce tableau offre une vue d’ensemble structurée des éléments qui ont mené à la situation actuelle, marquée par l’interdiction de minage de Bitcoin pour EDF.
| Élément Clé 🔑 | Description Détaillée 📝 | Impact / Enjeu Principal 🎯 |
|---|---|---|
| Exaion | Filiale d’EDF spécialisée en calcul haute performance (HPC) et blockchain, utilisant les surplus énergétiques. | Pépite technologique française, vecteur d’innovation et de valorisation de l’énergie. |
| MARA Holdings | Géant américain du minage de Bitcoin et des infrastructures de données. Acquéreur de 64% d’Exaion. | Acteur dominant international cherchant à étendre son influence sur le marché français du minage de Bitcoin. |
| EDF | Électricien historique français, producteur d’énergie et maison mère d’Exaion. | Contraint par une clause d’interdiction de minage de Bitcoin et HPC pendant deux ans, impactant sa stratégie d’innovation et sa capacité à gérer les surplus énergétiques. |
| Prix de la Cession | 168 millions de dollars pour 64% des parts, avec option à 75% d’ici 2027. | Interrogations sur la juste valorisation d’un actif stratégique et sur le sacrifice potentiel de la souveraineté. |
| Clause de Non-Concurrence | Interdiction pour EDF de s’engager dans le minage de Bitcoin et le calcul haute performance pendant deux ans. | Avantage stratégique majeur pour MARA, frein à l’innovation d’EDF et risque pour la souveraineté française dans des secteurs d’avenir. |
| Direction générale du Trésor | Instance gouvernementale française ayant validé la cession avec des conditions classiques. | Validation critiquée pour ne pas s’être opposée à la clause de non-concurrence, malgré les alertes. |
| Surplus Électrique Français | Situation historique de surcapacité de production d’énergie en France (rapport RTE Décembre 2025). | Le minage de Bitcoin pourrait être un outil idéal pour absorber ces surplus, rendant l’interdiction d’EDF d’autant plus paradoxale. |
| Députés RN / David Lisnard | Acteurs politiques ayant alerté sur les risques de la clause et proposé des solutions nationales (ex: loi sur le minage). | Représentent une opposition politique et une prise de conscience des enjeux de souveraineté et d’autonomie énergétique. |
| Écosystème Blockchain Français | Acteurs industriels et experts français souhaitant développer le minage de Bitcoin en France. | Déçu par l’échec d’alternatives nationales et préoccupé par la domination d’un acteur étranger. |
Ce tableau met en évidence la complexité des interactions entre les objectifs économiques, les enjeux de souveraineté et les réalités technologiques. La décision de valider cette cession avec une telle clause d’interdiction pour EDF aura des répercussions durables, structurant le marché du minage de Bitcoin et du HPC en France pour les années à venir.
Les Leçons à Tirer de l’Affaire Exaion-MARA pour la Stratégie Nationale 🇫🇷🧠
L’affaire du rachat d’Exaion par MARA Holdings et l’interdiction de minage de Bitcoin imposée à EDF sont riches en enseignements pour la stratégie nationale française, notamment en matière de souveraineté économique, technologique et énergétique. Cette situation, qui a secoué l’écosystème blockchain et énergie en 2026, met en lumière plusieurs points cruciaux que les décideurs devront impérativement prendre en compte pour les prochaines années.
La première leçon est celle de la vigilance contractuelle. La présence d’une clause de non-concurrence si contraignante pour un acteur public majeur, et sa validation par le Trésor, soulignent la nécessité d’une analyse encore plus approfondie des documents contractuels lors de cessions d’actifs stratégiques. Les implications ne se limitent pas à des aspects financiers, mais touchent directement à la capacité d’un pays à développer ses propres industries et à exploiter ses ressources. Il est essentiel de ne pas sous-estimer l’impact de clauses apparemment techniques qui peuvent avoir des conséquences macro-économiques et géopolitiques majeures. L’exemple d’Exaion servira sans doute de cas d’étude pour les futures négociations.
Ensuite, l’importance de la souveraineté numérique et énergétique est plus que jamais d’actualité. Dans un monde de plus en plus interconnecté et dépendant des technologies numériques, avoir le contrôle sur les infrastructures de calcul, les données et les sources d’énergie est une question de sécurité nationale. Céder une partie de ce contrôle à des acteurs étrangers, surtout dans des domaines aussi prometteurs que la blockchain et le minage de Bitcoin, doit être fait avec la plus grande prudence. La France doit définir clairement quels sont ses « actifs non négociables » et mettre en place des mécanismes pour les protéger, même face à des offres financières alléchantes. La vente de la « pépite tech d’EDF » a mis en évidence cette tension.
La troisième leçon concerne la valorisation des ressources nationales. La France dispose d’un avantage comparatif significatif en matière de production d’énergie, avec un surplus notable et une électricité à faible empreinte carbone grâce à son mix nucléaire et renouvelable. Le minage de Bitcoin, bien que controversé pour sa consommation, représente une opportunité unique de valoriser ces surplus et de stabiliser le réseau électrique. Ne pas permettre à un acteur national comme EDF d’exploiter ce potentiel pendant deux ans, c’est se priver d’un levier économique et écologique. Il est impératif d’élaborer une stratégie nationale qui intègre le minage de Bitcoin et le HPC comme outils de la transition énergétique, plutôt que de les laisser entre les mains d’acteurs dont les intérêts ne sont pas toujours alignés avec ceux de l’État. C’est en cela que les parlementaires avaient une bonne vision pour la France.
Enfin, cette affaire met en exergue la nécessité de soutenir et de promouvoir les acteurs nationaux. L’existence d’un consortium français prêt à reprendre Exaion aurait pu offrir une alternative viable, garantissant que les bénéfices et le savoir-faire restent sur le territoire. Il est crucial de renforcer les dispositifs d’accompagnement et de financement pour ces initiatives nationales, afin qu’elles puissent rivaliser avec les géants mondiaux. La compétitivité ne doit pas se faire au détriment de la souveraineté.
L’affaire Exaion–MARA est un miroir des défis contemporains auxquels sont confrontés les États-nations face à la globalisation et à la rapide évolution technologique. Elle appelle à une stratégie plus proactive, plus réfléchie et plus protectrice des intérêts nationaux dans des domaines qui définiront notre avenir. Il est temps d’apprendre de ces événements pour construire une France plus résiliente et souveraine dans le monde de demain, en capitalisant sur ses forces, notamment son énergie et son expertise technologique. La fin des cycles de 4 ans du Bitcoin et la régulation à venir en 2026 sont autant de facteurs qui nécessitent une stratégie agile.
Pourquoi le rachat d’Exaion par MARA est-il controversé ?
Le rachat d’Exaion, filiale d’EDF, par l’américain MARA Holdings est controversé en raison de plusieurs facteurs clés. Premièrement, une clause de non-concurrence majeure interdit à EDF de miner du Bitcoin et de faire du calcul haute performance (HPC) pendant deux ans. Cette interdiction est perçue comme un désavantage stratégique pour la France et EDF. Deuxièmement, la vente d’une ‘pépite’ technologique publique à une entité étrangère soulève des questions de souveraineté numérique et énergétique. Enfin, le montant de la transaction (168 millions de dollars) est jugé par certains comme sous-évalué au vu du potentiel stratégique d’Exaion, surtout dans un contexte de surplus électrique en France.
Quelle est l’implication de la clause d’interdiction de minage de Bitcoin pour EDF ?
La clause d’interdiction est une restriction contractuelle qui empêche EDF de s’engager dans le minage de Bitcoin et les activités de calcul haute performance (HPC) pour une durée de deux ans. Cette interdiction a des implications majeures : elle offre un avantage compétitif considérable à MARA en France, car EDF ne pourra pas exploiter les surplus d’énergie pour le minage. Elle freine l’innovation d’EDF dans des domaines technologiques cruciaux et pourrait affaiblir la capacité de la France à utiliser le minage comme outil de stabilisation de son réseau électrique. En somme, EDF est mise sur la touche dans un secteur en pleine expansion et potentiellement stratégique.
En quoi le surplus électrique français rend le minage de Bitcoin pertinent ?
La France fait face à un surplus électrique historique, avec une production (nucléaire et renouvelable) supérieure à la consommation, comme l’a confirmé RTE en décembre 2025. L’électricité ne se stockant pas facilement, ces surplus doivent être gérés, souvent par une réduction de la production. Le minage de Bitcoin est particulièrement pertinent car il offre une ‘charge modulable’ : les fermes de minage peuvent consommer l’excédent d’énergie pendant les heures creuses et s’arrêter instantanément lors des pics de demande. Cette flexibilité permettrait de valoriser l’énergie autrement gaspillée, de stabiliser le réseau électrique et de générer des revenus supplémentaires. L’interdiction d’EDF de participer à cette activité est donc paradoxale et une opportunité manquée.
Pourquoi des acteurs politiques s’inquiètent-ils de cette cession ?
Des personnalités politiques, comme David Lisnard (Président de l’Association des maires de France) et 77 députés du Rassemblement National, ont exprimé leurs inquiétudes. Leurs préoccupations sont multiples : la perte de souveraineté numérique et énergétique, la cession d’une technologie stratégique à un acteur étranger, et le potentiel impact négatif de la clause d’interdiction sur la capacité de la France à utiliser ses propres ressources (surplus d’énergie) pour des activités innovantes comme le minage de Bitcoin. Ils craignent que cette opération ne compromette les intérêts nationaux et la compétitivité de la France dans les technologies d’avenir.
Quelles sont les alternatives ou leçons à tirer pour la France ?
L’affaire Exaion-MARA offre plusieurs leçons. La France doit renforcer sa vigilance contractuelle lors de cessions d’actifs stratégiques et définir une politique claire de souveraineté numérique et énergétique. Il est crucial de mieux valoriser les ressources nationales, y compris les surplus énergétiques, en soutenant des acteurs français capables d’innover dans des domaines comme la blockchain et le minage de Bitcoin. Cette période de deux ans doit être mise à profit par EDF pour préparer une stratégie de retour, explorer d’autres applications de la blockchain dans l’énergie, et renforcer ses partenariats pour maintenir son lien avec l’écosystème innovant, afin de ne pas se laisser distancer de manière irréversible.
