Deux SCPI peuvent afficher la même ambition de rendement et pourtant offrir des expériences très différentes dès qu’il s’agit d’entrer ou de sortir. La distinction entre capital fixe et capital variable paraît technique, presque juridique. Elle décide pourtant de la façon dont vous achetez vos parts, du prix que vous payez, des frais prélevés à l’entrée et du chemin à suivre pour récupérer votre mise. Dans un fonds à capital variable, la société de gestion reçoit les demandes de souscription et de retrait à un prix qu’elle administre. Dans un fonds à capital fixe, les parts s’échangent entre épargnants sur un marché secondaire, où le prix naît de la rencontre entre offre et demande.

Ce sujet a pris un relief particulier depuis que plusieurs véhicules à capital variable ont vu leurs demandes de sortie dépasser les nouvelles arrivées d’argent. Début 2026, la SCPI Primopierre, gérée par Praemia REIM, a suspendu la variabilité de son capital après des retraits importants restés en attente. Cet épisode rappelle que la structure juridique conditionne l’expérience de l’investisseur autant que le taux de distribution affiché. Les taux cités dans cet article sont des données passées : elles ne préjugent pas des performances futures. Voyons, mécanisme par mécanisme, ce que ce choix change pour une épargne immobilière détenue sur le long terme.

En bref

  • Une SCPI à capital variable émet et rachète des parts en continu, à un prix fixé par la société de gestion.
  • Le prix de souscription doit rester dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de la valeur de reconstitution (article L214-109 du Code monétaire et financier).
  • Une SCPI à capital fixe s’échange sur un marché secondaire ; l’acheteur y supporte 5 % de droits d’enregistrement (article 726 du CGI), sous réserve d’évolution de la réglementation.
  • Fin 2025, les parts en attente de retrait représentaient 2,8 milliards d’euros, soit 3,1 % de la capitalisation du marché (ASPIM, février 2026).
  • Dans les deux cas, le capital et les revenus ne sont pas assurés, et la liquidité est limitée. Horizon de placement recommandé : 8 à 10 ans.

SCPI à capital variable : comment fonctionnent souscription et retrait

Une SCPI à capital variable voit le nombre de ses parts évoluer au gré des entrées et des sorties. Le fonds grossit lorsque les souscriptions affluent, et il se contracte lorsque des associés demandent à récupérer leur mise. Cette souplesse explique pourquoi la majorité des véhicules lancés ces dernières années ont retenu cette forme : elle permet de collecter de l’argent en continu, sans attendre une opération de capital décidée en assemblée.

Une souscription directe auprès de la société de gestion

Pour entrer au capital, l’épargnant s’adresse directement à la société de gestion de portefeuille, agréée par l’AMF. Il n’a pas d’ordre à passer sur une plateforme, ni de prix à négocier avec un vendeur. Le prix de souscription est arrêté par la société de gestion, et il inclut des frais de souscription dont le niveau varie selon les fonds. Ces frais figurent dans la note d’information, document à lire avant tout engagement.

Prenons Camille, une épargnante fictive qui souhaite diversifier son épargne immobilière. En capital variable, elle remplit un dossier, verse les fonds, puis ses parts sont créées à son nom après un délai de jouissance précisé par le fonds. Le parcours est lisible et standardisé. Pour mieux situer ces étapes dans le fonctionnement général de ce placement, le dossier sur le fonctionnement des SCPI reprend les bases.

Le retrait et la logique de compensation

Pour sortir, l’associé adresse une demande de retrait. Le prix de retrait correspond en général au prix de souscription diminué des frais de souscription. La société de gestion cherche ensuite à compenser cette demande avec les souscriptions entrantes. Si les entrées couvrent les sorties, le retrait s’effectue dans des délais courts. Sinon, les parts passent en attente et rejoignent une file, traitée au fil de la collecte.

Le mécanisme est simple à comprendre, mais il repose sur un facteur extérieur à l’épargnant : la collecte. La sortie de Camille est financée par l’argent de nouveaux entrants. Tant que les arrivées sont soutenues, tout fonctionne naturellement. Quand elles ralentissent, la même mécanique devient un goulot d’étranglement.

Ce que le capital variable ne change pas

Le mécanisme de retrait n’est pas une promesse de remboursement. Le capital n’est pas assuré : la valeur des parts suit celle du patrimoine immobilier et peut baisser. Les revenus ne sont pas assurés non plus, car ils dépendent des loyers encaissés et du taux d’occupation. Enfin, la liquidité reste limitée : un retrait peut être retardé, voire suspendu, selon l’état de la collecte.

Faut-il pour autant se détourner de cette formule ? Pas nécessairement : elle offre une entrée et une sortie encadrées, à condition d’en connaître les limites. Elle impose seulement de regarder, avant de s’engager, l’état de la collecte et celui des demandes en attente.

Retenez l’idée centrale : en capital variable, le prix est administré et la sortie repose sur la collecte.

Prix de souscription et valeur de reconstitution : la règle des 10 %

Comment s’assurer que le prix des parts d’une SCPI à capital variable reste cohérent avec la valeur de son patrimoine ? Le législateur a prévu un garde-fou : une fourchette de référence construite autour de la valeur de reconstitution. Comprendre cette notion permet de lire une note d’information sans se laisser impressionner par le vocabulaire.

La valeur de reconstitution, une notion à connaître

La valeur de reconstitution désigne le coût théorique pour reconstituer le patrimoine du fonds. Elle additionne la valeur des immeubles, estimée par des experts, et les frais d’acquisition qu’il faudrait supporter pour les racheter. C’est donc un repère de prix, pas une mesure de performance. Elle est publiée chaque année et permet de situer le prix de la part par rapport au patrimoine qui la soutient.

Pour une SCPI à capital variable, l’article L214-109 du Code monétaire et financier impose que le prix de souscription reste dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de cette valeur. Un écart plus large doit être justifié et notifié à l’AMF. Ce cadre limite les dérives de valorisation à l’entrée, ce qui est un atout de lisibilité.

Ce que la fourchette protège, et ce qu’elle ne protège pas

La règle encadre l’écart entre le prix d’entrée et la valeur du patrimoine. Elle ne protège pas contre une baisse de cette valeur. Si les immeubles perdent de leur valeur, par exemple parce que les bureaux sont moins demandés, la valeur de reconstitution baisse et le prix de la part peut suivre. Camille ne doit donc pas lire cette fourchette comme un filet de sécurité sur son capital.

Un autre point mérite l’attention : le prix d’entrée comprend des frais de souscription. À l’inverse, certains fonds proposent des conditions d’entrée allégées. Pour comparer, le détail des frais de SCPI à payer aide à distinguer frais d’entrée, de gestion et de sortie, et le sujet des SCPI sans frais de souscription montre ce que recouvre concrètement cette formule.

Une lecture à compléter par d’autres indicateurs

Le prix de souscription, même encadré, ne dit rien de la qualité de la gestion ni de la régularité des loyers. Il faut le replacer à côté du taux d’occupation, de la durée des baux, de la composition sectorielle et de la dispersion géographique. Une part chère dans un patrimoine solide et une part moins chère dans un patrimoine fragile ne se comparent pas sur le seul prix.

Pour prolonger la réflexion, l’article de Florish sur le capital variable ou fixe propose un autre éclairage sur les différences entre ces structures.

En résumé, la fourchette de 10 % encadre l’entrée, mais elle ne se prononce jamais sur la valeur future de la part.

Cette vidéo pose les bases visuellement. Reste à examiner l’autre grande famille, celle où le prix n’est plus fixé par la société de gestion mais par les acheteurs et les vendeurs eux-mêmes.

SCPI à capital fixe : le marché secondaire expliqué pas à pas

Une SCPI à capital fixe dispose d’un capital arrêté dans ses statuts. Il ne change que lors d’augmentations votées en assemblée générale. Entre deux augmentations, le nombre de parts reste identique, ce qui signifie qu’aucune souscription n’est possible. Pour entrer ou sortir, il faut donc passer par un marché secondaire, organisé par la société de gestion mais animé par les épargnants.

Le carnet d’ordres et la formation du prix

La société de gestion organise le marché, souvent à intervalles réguliers, mensuels ou trimestriels. Chaque acheteur indique le prix maximal qu’il accepte de payer. Chaque vendeur indique son prix plancher. Les ordres sont confrontés, et un prix d’exécution se dégage si des offres et des demandes sont compatibles. On parle d’un prix « d’équilibre » : celui auquel s’échange le plus grand nombre de parts.

La société de gestion ne fixe pas ce prix. Elle fait fonctionner la plateforme. Si aucun prix d’équilibre n’apparaît, l’ordre reste en attente. La vente n’est donc jamais assurée à une date précise, ce qui constitue la contrepartie de cette transparence de prix.

Des fonds souvent installés de longue date

Les véhicules à capital fixe sont fréquemment des fonds anciens, qui ont traversé plusieurs cycles immobiliers. Cette ancienneté renseigne sur la durée de vie, pas sur les performances à venir. Elle offre en revanche un historique de prix d’exécution exploitable : l’épargnant peut observer comment le marché a valorisé la part au fil des trimestres, y compris en période de tension.

Imaginons que Camille s’intéresse à un fonds de ce type. Avant de passer un ordre d’achat, elle consulte les dernières exécutions publiées dans le bulletin trimestriel, les volumes échangés et le nombre de parts en attente de vente. Ces trois informations lui donnent une idée de la profondeur du marché.

Capital fixe et augmentation de capital

Capital fixe ne veut pas dire capital figé pour toujours. Une assemblée générale peut voter une augmentation de capital pour financer de nouvelles acquisitions. Pendant cette période, les épargnants peuvent souscrire des parts nouvelles, à un prix déterminé par la société de gestion, comme en capital variable. L’achat sur le marché secondaire et la souscription lors d’une augmentation coexistent donc parfois.

Pour comprendre comment un fonds passe d’une logique à l’autre, l’analyse de Finconnexion sur la stratégie liée à la structure du capital apporte une perspective complémentaire.

La leçon à retenir : en capital fixe, le prix est celui du marché, avec ses écarts et ses délais.

Décote, surcote et droits d’enregistrement : le coût réel de l’entrée

Entrer dans une SCPI a un coût, quelle que soit la structure. Ce coût prend simplement des formes différentes : frais de souscription en capital variable, droits d’enregistrement et écart de prix en capital fixe. Savoir les distinguer évite de comparer des chiffres qui ne mesurent pas la même chose.

Décote et surcote : lire l’écart de prix

Quand les vendeurs dominent, les parts s’échangent en dessous de la valeur de reconstitution : c’est la décote. Quand la demande l’emporte, une surcote peut apparaître. Ces écarts reflètent l’équilibre du marché à un instant donné, et non une valeur définitive de la part.

Une décote n’est pas un cadeau. Elle peut refléter des difficultés propres au patrimoine ou au secteur, comme une vacance élevée ou des bureaux en perte de demande. Exemple purement illustratif : si une part est estimée à 1 000 euros et s’échange à 800 euros, la décote est de 20 %. Elle ne dit rien de la valeur future de la part ni de sa facilité de revente.

Les droits d’enregistrement de 5 %

À l’achat sur le marché secondaire, l’acquéreur supporte des droits d’enregistrement de 5 % du prix, en application de l’article 726 du Code général des impôts. Pour 10 000 euros de parts, le coût total ressort à 10 500 euros. Ces règles fiscales peuvent évoluer, il convient donc de les vérifier au moment de l’opération.

En capital variable, ces droits n’existent pas : la souscription supporte à leur place des frais de souscription fixés par la société de gestion. Les deux systèmes ne sont pas comparables en pourcentage brut, car l’un prélève un droit public et l’autre une commission interne au fonds. Le guide sur les frais de sortie des SCPI complète cette lecture du côté de la revente.

Fiscalité et risque de perte : ne pas dissocier les deux

Les revenus et les plus-values d’une SCPI sont soumis à une fiscalité qui dépend de la situation de chacun, et les règles peuvent évoluer. Il serait trompeur de ne parler que de frais sans rappeler que la valeur des parts peut baisser et qu’une revente peut intervenir à un prix inférieur à celui de l’achat. L’illiquidité relative du placement impose, en pratique, de raisonner sur plusieurs années.

Comment arbitrer alors ? En se posant une question simple : quel coût total d’entrée et de sortie suis-je prêt à supporter selon la structure retenue ? Ni la décote, ni la souscription à un prix administré ne dispensent de cet examen.

En somme, le coût d’entrée ne se résume jamais à un seul pourcentage, il se lit dans l’ensemble des frais, droits et écarts de prix.

Liquidité des parts : comparatif entre capital fixe et capital variable

Comparer SCPI à capital fixe et à capital variable revient à comparer deux manières de sortir. Aucune ne transforme un placement immobilier en placement disponible à tout moment. La liquidité des parts reste limitée dans les deux structures, et c’est elle qui devrait guider l’horizon de détention.

Tableau comparatif des deux structures

Critère Capital variable Capital fixe
Achat des parts Souscription auprès de la société de gestion Achat sur le marché secondaire (ou lors d’une augmentation de capital)
Fixation du prix Prix administré, à plus ou moins 10 % de la valeur de reconstitution Confrontation de l’offre et de la demande
Vente des parts Demande de retrait, par compensation Ordre de vente, exécuté si un acheteur est présent
Frais à l’entrée Frais de souscription, variables selon les fonds Droits d’enregistrement de 5 % à la charge de l’acheteur
Principale difficulté Parts en attente de retrait si les sorties dépassent les entrées Décote ou absence d’acheteur si les vendeurs sont nombreux
Indicateur à suivre Encours des parts en attente de retrait Prix d’exécution et volumes échangés

Conditions de revente : ce qui change concrètement

En capital variable, les conditions de revente dépendent du prix de retrait et du délai de compensation. En capital fixe, elles dépendent du prix proposé et de la profondeur du marché. Les plus grands fonds disposent souvent d’échanges réguliers, tandis que les plus petits connaissent des périodes calmes où trouver une contrepartie prend du temps.

Le bulletin trimestriel livre ces informations. Il indique les parts en attente en capital variable, et les dernières exécutions en capital fixe. La structure compte donc moins que la lecture de ces indicateurs. Pour estimer les durées en pratique, la page consacrée au délai de revente des parts de SCPI détaille les cas rencontrés.

Quel mécanisme est le plus fluide ?

La réponse dépend du moment. En période normale, le retrait par compensation est généralement fluide, car les souscriptions couvrent les sorties. En période de tension, un marché secondaire actif peut offrir une sortie plus rapide, mais au prix d’une décote éventuelle. Aucun des deux ne présente d’avantage permanent.

Pour croiser les points de vue, le comparatif de Hagnéré Patrimoine sur capital fixe et variable propose une lecture complémentaire.

L’idée à garder : la liquidité d’une SCPI se vérifie dans les indicateurs publiés, pas dans l’étiquette juridique.

Parts en attente de retrait : ce que révèlent les chiffres de fin 2025

Les files de retrait sont l’indicateur le plus parlant de la santé d’un fonds à capital variable. Elles montrent l’écart entre ce que les associés souhaitent retirer et ce que les nouveaux épargnants apportent. Pour 2026, ces données donnent le contexte dans lequel s’inscrit le débat sur la structure du capital.

Un stock concentré sur quelques fonds

Fin 2025, l’encours des parts en attente de retrait atteignait 2,8 milliards d’euros, soit 3,1 % de la capitalisation, selon l’ASPIM (février 2026). Ce stock était concentré sur un nombre limité de fonds, principalement exposés aux bureaux. Le chiffre est donc à lire avec nuance : il ne décrit pas l’ensemble des SCPI de la même façon.

Il illustre toutefois qu’un retrait organisé peut se ralentir lorsque la collecte faiblit. Il rappelle aussi que le capital variable n’est pas synonyme de sortie immédiate, et que la liquidité dépend d’une dynamique collective.

Un repère de rendement moyen, à manier avec prudence

À titre de repère, l’ASPIM a relevé un taux de distribution moyen de 4,91 % pour 2025 (février 2026). Ce chiffre est passé et moyen. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le taux d’un fonds donné peut s’en écarter nettement. Les revenus ne sont pas assurés et peuvent varier d’une année à l’autre.

Le taux de distribution ne dépend pas de la structure du capital. Il découle des loyers perçus, du taux d’occupation et de la gestion. Associer un rendement élevé à un mode de fonctionnement précis serait une erreur de lecture.

Comment un épargnant peut exploiter ces informations

Pour Camille, ces données servent de grille de lecture. Elle peut examiner si le fonds qui l’intéresse figure parmi ceux qui ont des parts en attente, comparer l’ampleur de la file à la capitalisation du fonds, et vérifier si la société de gestion communique clairement sur le sujet. Chaque point apporte une indication sur la réalité de la sortie.

  • Le niveau des parts en attente rapporté à la capitalisation du fonds.
  • L’évolution de la collecte d’un trimestre à l’autre.
  • La clarté des informations publiées dans le bulletin trimestriel.
  • L’exposition sectorielle, notamment aux bureaux.

L’analyse de Corum sur ce que change réellement la structure du capital offre un autre angle sur le sujet.

Un chiffre de marché n’est qu’un point de départ : c’est la situation précise d’un fonds qui compte.

Primopierre : quand un capital variable devient un marché secondaire

Une SCPI n’est pas condamnée à rester dans sa structure d’origine. Lorsque les retraits en attente deviennent massifs, l’assemblée générale peut suspendre la variabilité du capital. Le fonds fonctionne alors via un marché secondaire organisé, comme un fonds à capital fixe. L’exemple de Primopierre l’illustre concrètement.

Ce qui s’est passé en janvier 2026

Le 7 janvier 2026, lors d’une assemblée générale extraordinaire, la SCPI Primopierre (société de gestion Praemia REIM, créée en 2008) a décidé de suspendre la variabilité de son capital pour deux ans. Les demandes de retrait en attente dépassaient 10 % du capital, soit environ 2,19 millions de parts. Le patrimoine était investi presque entièrement en bureaux situés en Île-de-France.

Élément Donnée (source : Praemia REIM)
Société de gestion Praemia REIM
Création de la SCPI 2008
Décision Suspension de la variabilité du capital, AGE du 7 janvier 2026
Durée Deux ans
Retraits en attente Plus de 10 % du capital, soit environ 2,19 millions de parts
Patrimoine Presque exclusivement des bureaux en Île-de-France

Cet exemple est cité à titre d’information et ne constitue pas un jugement sur ce fonds. Le détail des chiffres figure dans le bulletin trimestriel de Primopierre.

Pourquoi un tel basculement survient

Le mécanisme est mécanique. Quand les taux montent ou que le marché des bureaux se tend, les demandes de sortie augmentent pendant que les nouvelles souscriptions ralentissent. Les retraits ne sont plus compensés et la file d’attente s’allonge. La suspension vise alors à traiter les sorties via un marché organisé plutôt que par compensation.

Pour l’associé, la conséquence est directe. Revendre suppose de trouver un acheteur, éventuellement avec une décote. Conserver ses parts reste possible, et les revenus continuent d’être distribués tant que le fonds en génère, sans assurance de niveau.

Un enseignement pour tout épargnant

Ce cas rappelle que l’étiquette juridique n’est pas figée. Un fonds à capital variable peut devenir un fonds échangé sur un marché secondaire, et un fonds à capital fixe peut connaître une augmentation de capital. Mieux vaut donc lire l’état de la liquidité au moment du choix plutôt que de se fier à la mention figurant sur la plaquette.

Pour comprendre les suites d’un tel passage côté associé, l’article de Meilleurtaux Placement sur le passage en capital fixe détaille ce que cela implique.

L’enseignement final : une structure est un état à un instant donné, pas une caractéristique définitive.

Après ce cas concret, reste une question pratique : sur quels critères appuyer son examen avant de s’engager, sans réduire la décision à la seule structure ?

Comment choisir entre SCPI à capital fixe ou variable : critères et risques

Le choix d’une SCPI ne se résume pas à la structure du capital. Celle-ci influence la manière d’entrer et de sortir. Elle ne dit rien de la qualité du patrimoine, de la gestion ou du niveau des loyers perçus. Les éléments ci-dessous sont des repères généraux, sans valeur de recommandation personnalisée.

Les points à vérifier avant de s’engager

Plusieurs éléments permettent de situer un fonds dans la logique de l’épargne immobilière collective :

  • La composition du patrimoine : secteurs (bureaux, commerces, logistique, santé), zones géographiques, nombre de locataires.
  • Le taux d’occupation et la durée des baux, qui conditionnent la régularité des loyers.
  • Les frais d’entrée, de gestion et, selon la structure, les droits d’enregistrement à l’achat sur le marché secondaire.
  • Le niveau de collecte et les parts en attente de retrait pour un fonds à capital variable.
  • Le prix d’exécution et les volumes du marché secondaire pour un fonds à capital fixe.
  • L’horizon de détention compatible avec vos projets.

Chacun de ces points doit être confronté à votre propre besoin de liquidité. Si une somme peut être nécessaire à échéance rapprochée, la nature même d’une SCPI pose question, quelle que soit sa structure.

Les risques communs aux deux structures

Les SCPI comportent des risques qu’aucune structure ne supprime. Le capital n’est pas assuré : la valeur des parts suit celle du patrimoine et peut baisser. Les revenus ne sont pas assurés et peuvent varier d’une année à l’autre. La liquidité n’est pas assurée : la revente peut être retardée ou réalisée à un prix inférieur à celui de l’achat.

La durée de placement recommandée est de 8 à 10 ans. La fiscalité des revenus et des plus-values dépend de la situation de chacun et les règles peuvent évoluer. Les risques des SCPI pour les épargnants sont détaillés dans un article dédié.

Pourquoi l’étiquette ne suffit pas

Pour choisir entre capital variable et capital fixe, la bonne question n’est pas « quelle formule est meilleure ? » mais « comment vais-je acheter, revendre, et à quel prix en cas de tension ? ». Cette approche déplace l’attention de la brochure vers la mécanique réelle, et elle aide à garder à l’esprit que l’horizon de détention prime sur la structure. Pour approfondir ce raisonnement, les repères d’Auguste Patrimoine pour choisir entre capital fixe et variable prolongent utilement cette réflexion.

Faire examiner sa situation

Les informations ci-dessus sont générales et ne constituent pas une recommandation personnalisée. Pour savoir si une SCPI à capital fixe ou à capital variable correspond à un horizon, à une fiscalité et à un besoin de liquidité précis, vous pouvez faire étudier votre situation par un conseiller. L’analyse porte alors sur l’ensemble du patrimoine, pas sur une seule ligne de produit.

Au bout du compte, la structure éclaire la façon d’entrer et de sortir, mais c’est l’adéquation avec votre horizon et votre besoin de liquidité qui donne du sens au choix.

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Une SCPI à capital variable est-elle plus liquide qu’une SCPI à capital fixe ?

Pas nécessairement. En période normale, le retrait par compensation est généralement fluide. Mais si les retraits dépassent les souscriptions, les parts s’accumulent en attente : fin 2025, 2,8 milliards d’euros étaient concernés sur le marché (ASPIM, février 2026). Un marché secondaire actif peut alors offrir une sortie plus rapide, éventuellement avec une décote. La liquidité n’est assurée dans aucun des deux cas.

Qu’est-ce que la valeur de reconstitution d’une SCPI ?

Il s’agit du coût théorique pour reconstituer le patrimoine du fonds : valeur des immeubles estimée par des experts, majorée des frais d’acquisition. Pour une SCPI à capital variable, le prix de souscription doit rester dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de cette valeur (article L214-109 du Code monétaire et financier).

Pourquoi 5 % de droits d’enregistrement sur le marché secondaire ?

L’achat de parts existantes est une cession de droits sociaux soumise à un droit d’enregistrement de 5 %, à la charge de l’acheteur (article 726 du Code général des impôts). Les règles fiscales peuvent évoluer. En capital variable, la souscription supporte à la place des frais de souscription fixés par la société de gestion.

Une SCPI peut-elle passer de capital variable à capital fixe ?

Oui. Une assemblée générale peut suspendre la variabilité du capital, notamment lorsque les demandes de retrait deviennent trop importantes. Ce fut le cas de Primopierre (Praemia REIM), le 7 janvier 2026, pour une durée de deux ans. Le fonds fonctionne alors avec un marché secondaire organisé.

La structure du capital influence-t-elle le rendement ?

Pas directement. Les revenus dépendent des loyers perçus, du taux d’occupation et de la gestion. Le taux de distribution moyen du marché était de 4,91 % en 2025 (ASPIM, février 2026), tous fonds confondus. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et ni le capital ni les revenus ne sont assurés.

Investir en SCPI comporte un risque de perte en capital. Les revenus ne sont pas assurés et peuvent baisser, la liquidité est limitée, et la durée de placement recommandée est de 8 à 10 ans. Pour poursuivre votre lecture et approfondir chaque notion, consultez notre guide complet pour comprendre et investir dans les SCPI.